EDITORIAL

Mardi 29 novembre


Le temps n'est pas à la rigolade maintenant qu'on est passé à un automne bien prononcé, qui sent même parfois un peu l'hiver. Et après la douceur de l'été indien qui a bien duré, les frimas de ces derniers jours, un peu plus humides qu'auparavant, font frissonner. Et pourtant, ce n'est pas si froid que ça, tout à fait supportable. Et tant mieux, parce que les coûts de l'énergie qui se sont envolés, pèsent sur les budgets de ceux qui doivent l'acheter, et plus particulièrement les entreprises et collectivités. Les particuliers français sont relativement protégés par le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement. Ce qui n'est pas le cas dans la plupart des autres pays d'Europe où la protection sociale n'est pas au même niveau que chez nous.  L'assistanat tant décrié par certains n'est pas une aussi mauvaise chose,  mais c'est vrai qu'il vaut mieux accuser les pauvres de causer la crise plutôt que les très riches qui en profitent, et qui engrangent tant et plus de richesses qui ne sont pas partagées pour limiter la misère : le ruissellement n'est pas encore tout à fait, pour ne pas dire pas du tout, au point. 


Alors, comme il y a pire, et bien pire ailleurs, on ne va pas trop se plaindre pour le moment. Malgré l'inflation galopante qui rogne le pouvoir d'achat et augmente la pauvreté.  Les lois de l'économie libérale qui nous sont imposées montrent  bien qui les a écrites et à qui elles servent le plus. Mais il ne faut pas le dire,  dormez, braves gens, on veille sur vous et nos intérêts.  


Il y a quelques jours, j'écoutais un expert cautionner les grèves des étudiants en médecine qui n'acceptent pas les contraintes d'une année supplémentaire de spécialisation en médecine générale pour devoir être interne en milieu défavorisé, tout comme une éventuelle obligation d'exercer ensuite dans des territoires ruraux " il n'y a pas de déserts médicaux, disait-il, ce sont des déserts tout court".  Ces grands défenseurs des libertés individuelles, qui revendiquent le droit du choix de vie oublient un peu trop vite qu'ils sont nourris par la collectivité, c'est-à-dire la sécurité sociale, financée par tous. Et donc, qu'ils ont aussi quelques devoirs envers la société, y compris dans des endroits où il y a peu de gens,  mais qui ont le droit de vivre et d'être soigné comme partout dans le pays. Nos dirigeants évoquent souvent l'égalité, la charte des droits de l'homme la met en bonne place, son nom fait partie de la devise de la République : ce n'est pas qu'un mot. Chaque citoyen a des droits, et des devoirs. On ne peut être égal devant l'impôt, et traité différemment selon son lieu de vie, son origine, sa condition sociale. C'est pourtant ce qui se passe, et qui semble normal à trop de monde. 


Selon les critères financiers du libéralisme, la France a un taux de prélèvement excessif et elle devrait le réduire. Notre président s'y emploie mais ça ne le fait pas.  Il reprend à son compte les solutions de ses prédécesseurs qui ont réduit les dépenses de l’État permettant de réduire l'impôt national : le transfert des compétences vers les régions, les départements et les communes à dégager des marges de manœuvre nationales, car le transfert des moyens n'a pas suivi celui des obligations, pire même car des décisions gouvernementales  d'augmentation de prestations restent à la charge seule des collectivités. Et quand la délégation est suivie de transfert de finances à l'euro près, celui-ci est à niveau  quasiment constant qui ne suit pas l'augmentation des dépenses réelles. Donc les collectivités n'ont pas d'autres choix que de trouver des ressources auprès de leurs contribuables. D'un autre côté, on réduit aussi la redistribution sociale pour ne pas augmenter les cotisations : la réforme des retraites se justifie uniquement pour des raisons financières et à échéance plus ou moins lointaine pour une privatisation de la sécurité sociale. Ne soyons pas dupes, la solidarité à la française ne convient pas au système financier mondial car il ne génère pas de dividendes. 


Comme je l'ai déjà écrit il y a fort longtemps, dans les mois qui ont suivi la crise de 2008, les bénéfices doivent être privés, les pertes doivent être publiques. A l'époque, les états avaient renfloués les banques proches d'une faillite causée par leurs erreurs de gestion et l'avidité de leurs actionnaires. Nous en sommes encore là avec l'énergie : la privatisation du secteur était sensé faire baisser les prix grâce à la concurrence. Au final,  comme producteur, EDF a du brader son électricité à d'autres opérateurs pour garantir cette concurrence,  autant d'argent qui a manqué dans l'entretien des usines de production, qui ne tournent pas actuellement, et autant d'argent qui a enrichi des acteurs économiques qui demandent maintenant à l’État de les aider parce qu'ils perdent de l'argent faute de clients qui ne peuvent payer le tarif réel qu'ils sont obligés de pratiquer. Et la marche arrière du gouvernement est enclenchée avec la renationalisation d'EDF... 


Que des histoires de gros sous ! Et il y a encore des citoyens qui croient dans le système ultra libéral, celui-là qui a conduit à la mondialisation heureuse avec les délocalisations mais qui est cause des pénuries actuelles et de l'inflation. Mais soyons rassurés, il est aussi à l'origine des supers profits et des hyper rémunérations des grands dirigeants des entreprises multinationales. Sauf peut-être pour l'économie numérique : le virtuel ne semble pas supporter l'inflation et les tensions de production du monde réel. 


Nous sommes en fin de civilisation, industrielle et libérale, devenue mondiale, dominée par l'Occident, une nouvelle va naître dans le futur après une transition dont on ne connaît pas les conséquences sur nos vies. C'est excitant en quelque part, comme une aventure qui n'est pas sans risques, mais qui procurera d'intenses émotions. Certains resteront sur le bord de la route, d'autres mettront en place les fondations d'un monde meilleur. C'est la vie de l'humanité depuis qu'elle est apparue. 

 

Mercredi 16 novembre


Je  ne sais pas si le temps passe plus vite quand on avance en âge, ou si ma motivation est en berne en ce moment, mais je remarque être moins productif dans mes billets d'humeur. Le dernier a cependant soulevé quelques retours de lecteurs qui ne m'ont pas trouvé très optimiste, pour ne pas dire qu'ils ont pensé que j'étais au bout du rouleau. Je les rassure, mon expression était plus noire que ma pensée, car je ne suis pas plus déprimé. C'est vrai que l'ambiance du moment n'est pas à l'euphorie et ça joue sur l'impression du monde qui nous entoure. 


Oui, tout ne va pas bien, et l'avenir est incertain. Je ne reviendrais pas sur les effets de la guerre en Ukraine sur la crise énergétique qui entraîne l'inflation et les problèmes de fin de mois chez beaucoup de personnes peu argentées. Les crises n'appauvrissent pas tout le monde, certains s'en tirent très bien. Je ne vais pas non plus réexpliquer la situation malheureuse qui envoie des migrants jusque sur nos côtes. Cela déclenche des polémiques dont les populistes aiment se gaver pour mieux vomir leur haine et leur intolérance sur la société qu'ils fracturent profondément alors qu'il serait plus opportun d'être soudé pour regarder un peu plus loin que notre petit confort matérialiste créé grâce à l'exploitation des pays d'où viennent ces pauvres hères qui ne demandent en fin de compte juste ce droit de vivre dignement que nos capitaux leur ont enlevé chez eux. Cela s'appelle l'effet boomerang, et fermer les frontières ne règlera pas les problèmes, bien au contraire. Les solutions semblent évidentes et seraient efficaces si on vivait en autarcie, mais nous avons besoin du monde extérieur pour survivre. Si nous ne voulons pas d'entrées, il faudrait aussi éviter les sorties. Et la crise climatique dans tous ça : juste 250 millions d'êtres humains à relocaliser dans les décennies à venir, les 230 passagers de l'Ocean Viking débarqués à Toulon ne sont pas un problème comme certains le disent. 


Ces derniers jours, la parole des jeunes m'a rassuré sur l'avenir de l'humanité. Que ce soit ceux de Fernoël réunis pour une conversation avec le doyen du bourg ou ceux vus dans un débat télévisé hier, il y a de l'espoir au regard de leur vision sans concession de ce qui les entoure. Ils s'intéressent au passé, il voient un présent ahurissant, ils envisagent un futur qui remet l'homme au centre du village et non la finance. Écouter un jeune bien présent sur les réseaux sociaux décrire le monde des influenceurs, la téléréalité comme des supports de la culture du vide fait du bien à l'intelligence. Ce qui peut se traduire par la nécessité d'investir massivement dans l'éducation : à long terme, c'est un placement très rentable.  


L'argent n'est plus un vecteur de développement personnel chez la plupart des jeunes, ils aspirent à un monde autant virtuel qu'avoir les pieds bien sur Terre. Écoutons-les un peu plus, ils sont ceux qui doivent soigner les plaies que nos générations ont causées. 

 

Vendredi 28 octobre


Les éditos se font rares ces derniers mois, le temps passe trop vite et d'autres occupations prennent le dessus. Une moindre motivation aussi peut-être.  L'époque est tellement décevante qu'on a envie de ne rien plus penser, juste de vivre au jour le jour, parce qu'on ne sait plus de quoi les lendemains seront faits. 


Ce n'est pas très optimiste, je l'avoue. Mais comment échapper à la morosité ambiante, harcelés que nous sommes par les mauvaises nouvelles venues de toute part, résignés à devoir subir plus qu'à se battre pour remonter la pente, incapables de se révolter face aux éléments perturbateurs de la fin d'une troisième année de crise. La Covid, qui a entamé le processus de ces crises économiques, plane encore au-dessus de nos têtes, mais cela semble un danger mineur par rapport à ce qui peut nous tomber réellement dessus, que ce soit les catastrophes climatiques ou les bombes russes. 


Dans quelques jours, cela fera treize ans que j'écris ma façon de comprendre le monde, et certains des lecteurs apprécient ces billets d'humeur, d'autres n'y feront pas plus attention que ça et les râleurs le feront en silence. Régulièrement, j'ai écrit que nous allons dans le mur, et tant que nous n'y seront pas, les choses ne changeraient pas. Maintenant que nous pouvons même voir les défauts de maçonnerie de ce mur gigantesque qui est en face, il semble qu'une conscience collective se mette en place pour vouloir esquisser le début d'un commencement de prise en compte des problèmes annoncés depuis des décennies. Trop tard, on va se prendre le mur dans la face quoi qu'on fasse. Je suis désolé mais je ne crois plus possible de faire marche arrière. 


Et on ne peut pas compter sur les dirigeants de la planète, politiques ou économiques : ils ne savent pas faire, ils ne veulent pas faire, coincer dans leurs certitudes, incapables de changer de logiciels qui ne fonctionnent plus pour trouver des solutions, parce que ces dernières sont tout bonnement suicidaires pour eux. Alors, on continue d'avancer, et Boum ! L'univers a commencé par le big-bang, l'humanité va finir par un petit pet salvateur pour la Terre. 


En attendant la fin, profitons de ces beaux jours d'automne aussi chaud que certains jours d'été, c'est toujours ça de pris pour les économies de chauffage. On va changer d'heure, une habitude sensée disparaître qui n'attend que la volonté de ces chers dirigeants, si intelligents pourtant et trop souvent tellement bêtes dans leurs réflexions, leurs actions, leurs décisions. Il n'y aura pas de révolutions, juste une transition brutale pour nous mettre d'accord sur le nécessaire changement de civilisation. Cela s'est déjà passé, de façon moins rapide, et ça recommence. 


La vie est belle, mais il faut la prendre en main pour qu'elle le reste. Le soleil brille pour tout le monde, c'est dommage que l'homme ait cassé la machine pour se croire plus fort que la nature et gagner quoi, à la fin ? 


Si Poutine le veut bien, il y aura d'autres lectures à faire bientôt. Ce n'est pas encore tout foutu, gardons l'espoir...

 

Mardi 11 octobre

 

Dans ce monde si complexe, même si les raccourcis simplistes nous expliquent la réalité des choses sur les réseaux sociaux, la vie ne devient pas simple, et les crises s'ajoutent aux crises. Dans notre beau pays de France, les râleurs sont aux anges : jamais ils n'ont eu autant de raisons de critiquer car selon eux, rien ne va plus. 


C'est sûr qu'en ne regardant qu'au bout de son nez et ses intérêts personnels, il est évident que ça ne s'arrange pas. La vie n'est plus aussi facile qu'elle a pu l'être il y a quelques décennies. Mais la dégradation des conditions de vie actuelles résulte en partie des comportements précédents, notamment les dérives de la société de consommation imposée par le libéralisme et bien acceptée par des consommateurs ravis des prix bas des objets inutiles. Bien sûr, on a le droit de se plaindre, mais faut-il encore ne pas  être indécent. Le blocage des raffineries de pétrole et la pénurie de carburants, bien aidée par la peur de manquer, peut être justifiée au nom d'une juste répartition des marges énormes engrangées par les industriels. Au bout du compte, ce sont encore les plus précaires qui trinquent, ceux qui ont besoin de véhicule pour travailler, ceux qui dépendent du bon roulement des chaînes d'approvisionnement parce qu'ils ne peuvent pas stocker, ceux qui ont des fins de mois compliqués comme les petits patrons qui s'arrachent les cheveux pour sortir des salaires à leurs employés, etc... Dans ces derniers temps, les syndicats et les grévistes ont des réflexes corporatistes derrière leurs revendications salariales, car depuis longtemps la solidarité n'est plus une valeur partagée dans les milieux populaires. Les employés de Total ou d'Esso font monter la pression, ils ont raison, mais il faut aussi savoir lever le pied à un moment , au risque de voir leur mouvement inadapté et contre productif pour l'image des syndicats auprès de l'ensemble des salariés. C'est ainsi que le populisme se nourrit et que les extrêmes prospèrent. 


Après, des pouvoirs autoritaires s'installent, des autocrates s'imposent et imposent leur vision du monde , au prix des libertés de leurs propres peuples, pour leur unique grandeur et leur immense égo. Ainsi, une guerre commence discrètement, par petits coups, sans riposte, de quoi donner de l'assurance aux dictateurs. Et puis "badaboum", c'est l'invasion, c'est la guerre à deux pas de chez soi, et il y en a encore qui ne voudraient pas de riposte, tant pis pour les agressés, sauf que les prochaines frappes pourraient tomber ici. Il faut bien arrêter les fous de guerre avant qu'il ne soit trop tard. Il est peut être trop tard. 


Les tensions augmentent en Ukraine, la Russie est affaiblie mais dispose de ressources de nuisances suffisantes pour continuer à embêter le reste du monde. Les chinois comptent les points. L'Iran islamique faillit, sa jeunesse est dans la rue, la répression gagnera-t-elle encore ? Le président turque ne sait plus où donner de la tête à force de vouloir ménager ses encombrants voisins pour qu'ils le laissent mener à terme ses désirs de grande Turquie. Ici et là, les démagogues se démènent pour garder ou prendre le pouvoir : tout n'est plus qu'une question de personnes, la politique n'existe plus, comme si l'avenir de l'humanité n'avait pas d'importance.

 
Alors, pour l'instant, au regard de ce qui se passe ailleurs dans le monde, on va être content de vivre chez nous, ça à l'air moins pire, malgré de réels soucis. La réponse n'est certainement pas dans la revendication personnelle mais dans le rassemblement pour mieux organiser la société. Le chacun pou soi, les "yaka fokon", n'aboutissent à rien. Il faut construire, reconstruire des fondations où le citoyen sera au centre des préoccupations, plutôt que la finance, l'intérêt personnel...Vaste chantier, attendons le fracas du monde, il arrive, parce qu'on le veut bien. 

 

Jeudi 22 septembre


C'est le dernier jour d'un été mémorable par son côté météo caniculaire, ses effets sècheresse et le retour d'une vie festive normale qui a fait la joie des organisateurs de manifestations comme celle des participants à ces rassemblements essentiels de la vie d'un  territoire.


L'été se termine sous le soleil et pourtant des nuages sombres annonciateurs de mauvais temps pour l'humanité s'amoncellent dans le ciel de l'avenir. Les crises se succèdent sans pause depuis deux ans : sanitaire, économique, énergétique, climatique, politique. On a le choix, mais on les subit toutes à plus ou moindre degré. Et ça devrait être pire si on en croit les moins optimistes. 

Pourtant, tout est annoncé depuis longtemps, et chacune des crises a des conséquences pour l'autre, s'impliquant les unes avec les autres. Je l'ai écrit depuis longtemps aussi : on va dans le mur, mais on ne change rien. Et le mur se rapproche, il est tellement près que freiner n'empêchera plus l'accident, on va le prendre en pleine figure. Alors il est temps de se préparer au choc. L'avenir ce sera s'adapter, mais ce n'est pas encore le discours, et encore moins les actes, de nos gouvernants, de nos décideurs. Ils n'agiront que sous notre pression, mais pour l'instant, elle n'est pas très forte.

 
Ceci dit, la vie continue, malgré les incertitudes de l'époque. On va s'adapter à la sobriété, nouveau mot clé du vocabulaire des dirigeants pour nous inciter à l'économie d'énergie. Beaucoup des gens d'ici doivent sourire car depuis toujours cela fait partie de leur modeste vie campagnarde : si la pauvreté ne se voit pas dans nos campagnes, la richesse, sans être ostentatoire, n'est pas extraordinaire non plus. C'est vrai qu'après des décennies à nous inciter à consommer de l'électricité, voilà qu'on nous demande de se restreindre. Comme le gazoil qui a perdu toutes ses vertus en quelques années. La vision à court terme comme mode de gouvernance est la pire des choses qui soit arriver au monde. Et ça n'est pas près de changer : les mentalités ne bougent pas en haut de la pyramide, insensible et aveugle du monde d'en bas.  

 

Mais que faire ? 


Le monde a changé ces derniers temps : la reine Elisabeth II est morte, Charles III lui a succédé. Cela a donné lieu à un tapage médiatique au-delà du pouvoir royal anglais. Symboliquement, c'est la clôture du XXème siècle qui s'est déroulée sous nos yeux de téléspectateurs, et le siècle dans lequel nous pénétrons le cœur est déjà bien malade. Le monde reste inquiet des vicissitudes de Vladimir Poutine dans sa guerre ratée en Ukraine qui peuvent l'amener à prendre des décisions terribles pour l'Europe, unie politiquement et affaiblie économiquement par ce conflit qui va plus changer la face du continent que le décès de la reine. Les autocrates chinois et turques regardent la situation pour connaître leurs limites d'influence, l'Inde devient aussi une puissance mondiale. L'Afrique ne sait plus à qui elle est inféodée, au gré des marchandages de ses dirigeants qui eux aussi voient à court terme. 


En attendant l'effondrement annoncé, mais qu'on peut éviter si on agit collectivement, si on devient citoyen actif de notre avenir, profitons de cette belle journée : les cèpes ont commencé de pousser, et tant qu'il y aura des cèpes, il y aura de l'espoir. 

 

 

Mercredi 7 septembre


Avant que l'orage n'éclate, le ciel s'assombrit drastiquement et le tonnerre gronde, je viens faire état de mes impressions de rentrée : déjà douze jours que  je ne m'étais pas épanché, prenant soin d'une phase de décompression après un trimestre assidu et chargé en travail et manifestations à couvrir. Et j'ai entamé ma saison du bois de chauffage qu'il me faut scier avant l'hiver, parce que ce sera plus économique cette année par rapport aux coûts des autres énergies qu'utilisent tant d'autres ménages. 


La pluie est arrivée le temps de l'introduction. Cette eau venue du ciel qui manque tant à beaucoup d'endroits après cet été de canicules répétées et de sécheresse inquiétante pour l'avenir. Les pluies d'août  auront sauvé les herbages et l'automne sera moins risqué pour les éleveurs, tout comme les légumes tardifs du jardin. La saison des champignons pourrait être belle. 


Si la pluie est du beau temps pour les agriculteurs, les pêcheurs et les gestionnaires des réseaux d'eau potable, d'autres inquiétudes démoralisent la population, bien aidée par les médias toujours prompts à diffuser les mauvaises nouvelles, à insister même. S'il est vrai que tout ne va pas très bien, on ne peut pas dire que tout va très mal, pas encore parce que ça pourrait être pire dans l'avenir. Plutôt que de râler maintenant, il vaudrait mieux apprécier ce bon temps de cette fin de civilisation et s'en délecter, il y aura bien le temps de se plaindre quand tout sera foutu.


 Notre monde s'est développé au gré de la production des ressources énergétiques puisées dans le sol des anciennes colonies des pays européens, devenus indépendantes mais restant sous la domination des pays occidentaux jusqu'à l'émergence de la Chine et l'influence de la Russie et de la Turquie, unis sous la même bannière de lutte contre l'occident. Dans nos démocraties où la parole est libre, on écoute ici et là des bonnes consciences dire tout le mal que nos dirigeants ont fait depuis des lustres partout sur la planète. Des bonnes consciences qui ont bien supporté le relatif progrès dans nos sociétés, leur permettant de comprendre le monde grâce à des études gratuites, un environnement social très supportable, une nourriture abondante. Ces bonnes consciences ont la critique aisée, mais seront-elles prêtes à survivre dans un monde sans liberté, avec peu de confort, en état de guerre permanente ? C'est vrai que le monde occidental n'a pas mis ses principes démocratiques au service des pays qu'il exploitait, ou si peu, se gavant d'abord au profit de ses populations, mais ce n'est pas en nous livrant pieds et poings liés à des dictateurs que cela résoudra les problèmes du monde. Ces dirigeants autocrates se fichent pas mal de leurs propres populations, seul importe leur grandeur qu'ils traduisent par la grandeur de leur pays, comme si dominer par la force était seule évolution possible. L'histoire le démontre : les progrès civilisationnels se font en temps de paix. Qu'avons nous à gagner à soutenir ces pays musclés? Gagner du temps pour garder nos valeurs ? Certes, mais ce n'est que répit, car dans la tête de ces gens-là, il y a une revanche à prendre sur le passé, une vengeance à mettre en place : ce n'est pas le bien contre le mal, c'est la gouvernance du monde qui est l'enjeu. A celui qui dominera, les alliances d'un jour se retourneront une autre fois, et ainsi de suite, tant que les bonnes volontés ne se réuniront pas pour y mettre le holà. Et ça ne semble pas prêt d'arriver, parce que la mode est plutôt au chacun pour soi qu'à la solidarité, à tous les niveaux. Qu'on se le dise. 


Maintenant que j'ai bien plombé l'ambiance, redevenons plus légers, profitons de nos belles campagnes, participons aux dernières manifestations locales pour laisser perdurer la bonne atmosphère de l'été, des plaisirs à être ensemble, grâce aux bénévoles des associations qui mettent leurs égos de côté pour faire plaisir tout simplement. Et ça, c'est la base de l'engagement pour que demain soit plus beau qu'aujourd'hui. Alors, qu'attendez-vous pour rejoindre une association qui satisfasse vos goûts pour partager avec d'autres l'appartenance à un même territoire. Vous êtes attendus, notamment la jeune génération qui a montré qu'elle avait du potentiel dans les fêtes locales cet été. 


Allez, ça va bien s'arranger. 

 

Jeudi 25 août

 

Cette fin de période estivale ne laisse pas de temps à l'ennui : mon emploi du temps est bien rempli entre le service aux collectivités, aux associations et la couverture médiatique locale des manifestations revenues à l'affiche après deux années de vache maigre causées par les restrictions de la crise sanitaire. Il faut reprendre un rythme perdu avec deux ans de plus au compteur et ce n'est pas toujours évident. D'autant plus que se greffent dessus des évènements particuliers , imprévus et impromptus, comme je les aime. Le hasard des rencontres, le courant qui passe, la curiosité et l'intérêt partagés sont sources de grands moments chaleureux, conviviaux, amicaux et familiaux. Mais qui fatiguent un peu par leur concentration.  Le plaisir est un sacrifice agréable. 


Le temps est à la fête, chaque week-end est différent mais ici et là, il y a un point commun qui s'observe : le besoin de se retrouver, l'appartenance à un territoire, l'insouciance comme une pause dans une époque troublée. Ce qui est pris est pris, ça fait du bien ces sourires, ces visages heureux, ces rires bruyants, ces cris d'enfants dans les châteaux gonflables et les manèges, autour des musiques et des ambiances légères et gourmandes. On aimerait que ça dure, on sait que c'est bientôt fini. La fête à Giat approche, signe de la fin des vacances, et donc de la rentrée des classes, le retour de la vie bien réglée. Sans assurance ni garantie que la vie sera meilleure cette année à cause des nuages noirs qui font peur comme au Connemara de Sardou, venus d'Ukraine ou de Chine, et bien d'ailleurs, de la météo comme de la misère des hommes. Ainsi va la vie. 


De toute façon, ce sera comme on le fera. Autant ne pas se prendre la tête pour des sujets qui nous dépassent, même si on les subit : il nous reste notre liberté pour s'en affranchir et se concentrer sur l'essentiel : vivre bien, tout simplement, et ensemble de préférence. Parce qu'en s'enfermant chez soi n'est pas la solution, à moins de vouloir s'abrutir. L'orage passe où il doit passer : on l'a bien vu cet été. La solidarité reste encore le meilleur moyen de s'en sortir. 


Après ça, il ne faut pas s'en faire...

 

Mercredi 10 août


Au cœur de cet été torride et sec, on ne sait plus quoi penser de la vie qui passe, on n'a pas trop envie de bouger, juste prendre du temps pour soi, ne rien faire de plus. Chaque jour, les mauvaises nouvelles s'amoncellent, non par manque de bonnes, mais par profusion d'annonces de catastrophes, de drames, de faits divers...Il y a pourtant de quoi garder foi en l'avenir, encore faut-il le vouloir. Ça demande quelques efforts et un peu d'imagination. 


L'eau et le feu sont à la une des médias : le premier parce que la pénurie menace, le second à cause de l'intensité des feux de forêts ravageurs comme jamais dans le pays. On ajoute à ça l'inflation galopante organisée par des pseudo-pénuries dont les origines sont bien réelles mais les conséquences un peu trop bien exploitées par ceux qui y gagnent. La sécheresse va être la cause de la montée du prix du lait : un peu pour ne pas ruiner le paysan, beaucoup pour arrondir des marges certes faibles sur ce produit, mais qui seront réévaluées dans le bon sens. On connaît la chanson, mais on n'écrit pas les partitions. La guerre en Ukraine a fait monter le prix de l'énergie donc du gaz, du pétrole donc du transport , du blé donc du pain, des oléagineux dont de l'huile, la sécheresse au Canada a fait disparaître la moutarde des épiceries : tout semble lié pour que le consommateur dépense plus en produits d'usage de base. Aujourd'hui, des prémices d'augmentation du prix de l'eau se sont faites jour...demain, ce sera autre chose. De quoi réfléchir à nos modes de consommation et à redevenir citoyen...plus que client. 


Des bonnes nouvelles, il y en a : les fêtes sont de retour et les estivants sont là aussi pour en profiter. La foire-brocante du 9 août à Giat a rempli le contrat : des exposants et des visiteurs comme il y en avait plus depuis quelques temps. Pas de contraintes sanitaires et du beau temps, rien de tel pour que ça marche. La fête du pain à Farges a aussi été un succès populaire, la foule était au rendez-vous. On regrettera peut-être la fin d'une époque plus humaine, moins artificielle pour cette manifestation qui reste malgré tout un belle œuvre collective et bénévole. Mais c'est bien un peu partout que c'est devenu comme ça, l'évolution libérale. En général, le besoin de se retrouver ensemble, de faire la fête, d'oublier les deux mauvaises années d'avant, ont été le ciment de cette envie de sortir. Avec le soleil,  c'était aussi plus facile. 


Profitons, ayons l'esprit léger, ça aide à avancer aussi. De toute façon, on ne maîtrise pas tout, alors pourquoi s'en faire. "Dans la vie faut pas s'en faire / Moi je ne m'en fais pas / Toutes ces petites misères / Seront passagères / Tout ça s'arrangera / Je n'ai pas un caractère /A me faire du tracas / Croyez-moi sur terre / Faut jamais s'en faire / Moi je ne m'en fais pas" (Maurice Chevalier)

 

Samedi 30 juillet

 

C'est le grand chassé-croisé sur les grands axes routiers du pays ce week-end pour les départs et retours de vacances d'un grand nombre de personnes. Au pays de Giat , on constate bien la présence de touristes bien que ce ne soit pas la ruée comme sur les grands sites touristiques des bords de mer notamment. L'inflation des produits pétroliers et de la majorité des prix n'a pas encore impacté gravement l'économie des vacances.

 

Le parlement a voté des aides au pouvoir d'achats des plus modestes, le gouvernement a validé une ristourne de 30 centimes sur le prix du carburant, les hausses des pensions de retraites et du point d'indice des salaires des fonctionnaires s'ajoutent aux mesures de cet été. Pas de quoi pavoiser, c'est mieux que rien, mais il faudra quand même se serrer un peu la ceinture. Dans nos pays riches, on devrait s'en sortir de ce côté-là car nous vivons bien et un peu de régime pourra être salutaire. Par contre, la sécheresse, les catastrophes naturelles, les incendies de forêts grand modèle auront des conséquences plus compliquées à gérer, ce ne sera pas qu'une question d'argent cette fois-ci.

Le comportement des populations doit changer dans sa façon de vivre, le consommateur doit redevenir un citoyen soucieux de son environnement et de celui de la planète. Fini le temps des vaches grasses, on est face au mur, les gouvernants et dirigeants mondiaux l'ignorent encore, mais on risque de se le prendre en pleine tête. On était prévenu…

 

A tout malheur, chose est bonne. On peut donc penser qu'il y aura une mauvaise passe à vivre prochainement, mais il faut faire confiance aux jeunes générations qui devront réparer ce monde qu'auront cassé leurs aïeux. Un challenge pas évident.

 

Au pays de Giat, l'annonce du décès du père Joseph Dailloux, dernier curé de Giat et de Voingt, et accessoirement de paroisses voisines qui ont disparues aussi au bénéfice de la grande paroisse de Saint-Benoît sur Sioule et Volcans, une vive émotion s'est ressentie dans la population. Ceux qui l'ont connu, fréquenté dans l'église et en dehors, en garderont le souvenir d'un homme affable, érudit, bienveillant. C'est une figure du pays des quarante dernières années qui s'en va, une partie de l'histoire locale avec. Les croyants prieront pour lui, les autres auront une pensée nostalgique des bons moments passés en sa compagnie.

 

L'été est chaud et sec, et se prolonge inéluctablement de la même façon. Après le beau temps, la pluie sera bienvenue. Pour l'instant, profitons de notre douce campagne estivale, enchantée par les fêtes et manifestations locales, les expositions d'arts et tant d'autres activités. Que ceux qui trouvent qu'il ne se passe rien ici n'ont pas bien cherché, à moins qu'ils veuillent ne pas se faire voir.

 

Mercredi 20 juillet


Voilà un mois que nous sommes en été. Et après la canicule suivie des orages bien chargés en humidité parfois fracassante, le beau temps s'est installée à nouveau, la chaleur est revenue après le 14 juillet pour redevenir canicule ce début de semaine. L'épisode est passé avec une maigre perturbation en cours. Hier soir, le ciel était chargé des fumées des incendies de forêts cataclysmiques de Gironde où plus de 20 000 ha de bois ont  brûlé en une semaine d'enfer. Le voilage du ciel et l'odeur âcre répandue dans l'air en cette fin de journée faisait penser à un avertissement de fin du monde en exagérant les choses. Ça rappelait la fin du Titanic, quand l'orchestre continue de jouer alors que le bateau sombre. Nous assistons au spectacle en continuant comme si de rien était, commentant avec inquiétude relative l'évènement, sans pour autant vouloir changer nos comportements quotidiens. Comme disais Jacques Chirac 'la planète brûle, on regarde ailleurs", bien que cette atmosphère troublante nous interpelle sur la proximité des catastrophes.

 
Là est bien le drame. Pendant qu'on se morfond sur des sujets anodins, des petits détails insignifiants, de petites erreurs ou des contrariétés de bas étage, parce qu'on pense égoïstement à nos petites affaires sans voir les complications collectives, sans se soucier de l'entourage, des problèmes globaux qui auront une incidence sur nos vies futures naissent et se développent. L'homme a un très grand sens de l'adaptation, mais je ne suis pas sûr que celui du XXIème siècle des pays occidentaux soit armé pour cela, préférant critiquer et demander à d'autres de prendre en charge le changement sans vouloir d'engager. Ce ne sera pas possible. 


Enfin, c'est l'été. Quelques bénévoles de bonne volonté s'échinent dans nos campagnes à créer de l'animation, à proposer des manifestations de bonne facture, pour donner de la vie au pays. Dans les petits villages, les petites communes, les habitants répondent présents et on revoit des tablées, des rassemblements encore plus forts qu'avant la crise sanitaire : il y a un besoin de relations humaines physiques. Pour les grands évènements dans les grands centres, c'est moins évident : la population des localités ne répond pas en masse aux sollicitations des organisateurs à venir participer. C'est ainsi depuis bien longtemps, on ne change pas  les mentalités du jour au lendemain. C'est dommage parce qu'il y aurait tant de plaisir à être unis sous la même bannière. Problème de riches sans doute. Connerie sûrement. 


Ces temps-ci, je suis un peu sollicité aussi, par le travail de remplacement des agents administratifs dans certaines communes, par l'actualité des loisirs plus intense, et d'autres choses plus personnelles. Alors, j'ai moins de temps à donner bien que j'essaie de faire le maximum pour satisfaire ceux qui apprécient mes services. Parfois, il y a des retards, des imperfections, des bugs pour parler moderne : c'est humain et j'en suis désolé. Ma philosophie de vie me permet de surmonter les contrariétés qui peuvent en découler : je relativise les choses, et pour moi, les problèmes ne sont graves qu'à partir du moment où il y a danger pour l'homme. Le reste n'est que péripétie passagère dans une vie, qui ne vaut pas la peine de se mettre martel en tête et se faire malade. La santé est trop précieuse pour ça. 


Alors, prenez le temps de vivre, d'être avec vos proches, de faire connaissance avec d'autres personnes, d'enrichir vos savoirs, votre culture, soyez bienveillants : vous en serez mieux portant. On peut être heureux si on le veut. Mais faut pas mettre la barre trop haute.

 

Jeudi 14 juillet


Un emploi du temps plus chargé, des situations moins faciles à gérer, du sommeil contrarié, une vie relationnelle plus intense : ces dernières semaines ont été fatigantes, le répit de celle-ci permet une remise à niveau nécessaire pour rattraper le retard médiatique engendré. Il faut encore du repos pour retrouver la dynamique habituelle, on verra à la fin de l'été. 

Depuis le 23 juin, des lecteurs s'impatientent de lire cet édito qui ponctue le temps qui passe avec ses remarques et réflexions qui ne changent pas la face du monde, qui traduisent en mots les impressions de la vie quotidienne. 


Trois semaines de changement se sont écoulées sans qu'on s'en rende forcément compte. Les résultats des élections législatives ont amené une nouvelle assemblée nationale moins accommodante pour le président de la République. Mais sa composition plus représentative de la nation est aussi un exercice pour des députés qui ne devront plus être des godillots du pouvoir quand ils sont de la majorité, ni des opposants qui ne font que s'opposer par principe pour les autres. Redonner du goût aux électeurs pour la politique passe aussi par redonner de l'intérêt aux débats et poser les bons arguments qui vont dans le sens de l'intérêt général plus que dans les positions dogmatiques stériles. Toute une génération du personnel politique doit changer de logiciel de pensée, et elle n'est pas préparée à cela. La difficulté sera grande de gouverner comme de légiférer dans les prochains mois au risque de perdre du temps à résoudre des problèmes urgents par manque de volonté des uns et des autres. 


Ces problèmes sont difficiles : inflation, énergie, environnement sont au programme parce qu'ils jouent un rôle majeur dans la situation sociale d'un pays, les solutions uniquement économiques n'apaiseront pas forcément les colères sourdes qui existent. Ceux qui penchent vers les valeurs de travail comme solution pratique, tout comme en face on prône de la distribution de monnaie par des chèques en blanc, sous une forme de solidarité inique, n'arrivent pas à comprendre qu'on vit la fin d'un monde, sorte de mix entre capitalisme et libéralisme sans complexe et mondialisation heureuse qui n'ont fait qu'aggraver une situation géo-politco-socio-environnementale à mesure que croissait les fortunes de quelques-uns et les pouvoirs autoritaires. Plus qu'une remise en question, c'est une révolution sociétale universelle qui est nécessaire. Elle se fera de gré ou de force parce qu'il n'y a pas d'autres issues. C'en est fini de la richesse matérielle comme unique projet de développement, il faut raisonner en qualité de vie pour tous : alimentation, santé et sécurité doivent être les seuls éléments à privilégier. Après, qu'on ne puisse pas aller en vacances à Acapulco ou prendre les eaux à Baden-Baden, ce n'est pas si grave que ça. 


L'important, c'est de vivre ensemble, dans un esprit collectif et bienveillant. On voit ces derniers jours que les reprises des manifestations estivales sont attendues par un public en mal de partage de bons moments conviviaux. On constate le besoin de rassemblement des jeunes qui ne recherchent pas des rendez-vous haut de gamme, une buvette, un bal et ça suffit. Un peu de frugalité dans ce monde voué à la consommation fait du bien à tous. 


Au final, l'enjeu de nos sociétés, c'est que le consommateur redevienne un citoyen. Qu'il arrête sa frénésie d'achat de biens et de services pour faire des actions communes, solidaires, généreuses. Il a tout à y gagner. Le bénévolat n'est pas une maladie, au contraire, il soigne les bobos dans la tête que se font ceux qui ne pensent qu'à leur fin de mois, qu'à leur retraite, qu'aux intérêts de leurs placements. Cela n'enlève pas les problèmes, mais s'investir dans des associations sportives, caritatives, culturelles, populaires, solidaires est une façon de rembourser ce que la société nous apporte. Participer aux manifestations contre une entrée, une consommation, une place moyennant une petite somme c'est bien, mais être aux côtés des bénévoles pas très nombreux qui s'échinent à prendre du temps pour le plaisir, la sécurité, et tant d'autres choses pour les autres, c'est encore mieux. En plus, cela crée une cohésion entre les personnes d'une même commune, d'un même territoire, cela donne du sens à la vie de chacun. 


Il faut arrêter cet individualisme rampant qui fait tant de mal dans la société, le chacun pour soi n'aboutit qu'à des conflits, du repli, de la malveillance : nous n'en avons pas besoin, d'autres s'en chargent pour nous. De plus, comme dit l'adage, unis, nous sommes plus forts et dans ce monde anxiogène, dangereux, il sera plus facile d'avancer unis. Comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois : on survivra ensemble ou on mourra seul. 
Je l'avoue, ce n'est pas gai. Mais on ne secoue pas le cocotier avec des bananes (je vous laisse réfléchir sur la métaphore) pour récolter les noix de coco. Comme l'homme ne peut réagir qu'avec le bâton ou la peur, bête il est , bête il restera. Au risque de disparaître. 
On en est pas là, c'est l'été, il fait chaud. Trop chaud  peut-être. Profitons du bon temps, donnons-en nous , vivons heureux mais pas cachés. On est bien chez nous, sans se prendre la tête. Allez dans les fêtes, participez, sortez : il y aura bien le temps de rester au coin de la cheminée. 


AH ! oui, j'oubliais : le site a franchi le cap d'un million de visites, signe que mon travail - bénévole - n'est pas une bouteille lancée à la mer mais bien un vecteur de connexion entre les gens d'ici et d'ailleurs. Un exemple d'ouverture sur le monde qui montre bien qu'en pensant aux autres, on fait plaisir et on se fait plaisir...Bien sûr, les mercis c'est bien, j'en ai plein les poches, et en ces temps de disette, ça ne nourrit pas son homme. Heureusement, beaucoup me connaissent bien, et je les remercie de leurs attentions gourmandes, ou pas,  qui me touchent plus qu'ils ne peuvent le penser parfois, mais ça compte beaucoup pour moi. 

 

Jeudi 23 juin


Le printemps s'est fini sous la canicule, l'été commence avec des orages parfois dévastateurs comme ils l'ont été dans la partie creusoise du pays de Giat : le secteur de Crocq a particulièrement été affecté avec des centaines de toitures détruites, endommagées, des cultures détruites plus ou moins, des véhicules impactés par de très gros grêlons. Cette semaine, les orages sont de retour, moins violents, mais aux conséquences parfois marquées sur les réseaux téléphoniques et électriques.  A l'heure où j'écris au milieu de l'après-midi, les obsèques d'une fidèle et amicale visiteuse du site sont célébrées dans une trop petite église pour accueillir les nombreuses personnes venues pour son départ.  Je devrais y être, mais l'orage a été plus fort. Il n'empêche que mes pensées sont tournées vers cette famille endeuillée, cet époux devenu veuf à qui je ne manquerais pas quelques visites pour continuer de partager de bons moments comme on l'a souvent fait depuis une quinzaine d'années. 


Depuis le dernier éditorial, beaucoup de choses se sont passées et les élections législatives ont apporté des surprises désagréables au président de la République. Pour les habitués de mes écritures, la surprise n'aura pas été plus forte que cela. Beaucoup d'entre eux attendent d'ailleurs, ils me l'ont dit, mon analyse de la situation. Depuis dimanche soir, les spécialistes et experts de tout poil qui n'avaient pas vu arriver la déferlante de l'opposition  racontent pourtant que tous les signes étaient présents pour qu'il en soit ainsi. On ne change pas les convaincus de la raison même quand ils ont tort. Ce qui me chagrine toujours, comme à chaque élection, c'est le faible taux de participation, qui une fois annoncé, ne transparait plus dans les commentaires. Je repense à ces opposants de toujours qui invectivaient le président élu (celui-ci et les précédents) pour une élection illégitime car ils ne représentaient qu'en réalité qu'une fraction minoritaire de la population. Maintenant que ceux-ci ont des groupes renforcés à l'assemblée nationale au point de contraindre le président à gouverner en trouvant des compromis, ils ne s'offusquent pas plus de n'être que des députés mal élus, ne cherchant pas forcément à soutenir l'intérêt général du pays et de sa population, semblant vouloir plutôt poursuivre des actions de blocage, synonymes de perte de temps pour prendre des mesures urgentes dans la situation compliquée où se trouve le monde, l'Europe et le pays, car tout est imbriqué, il n'y a pas de solution nationale quoi qu'ils en disent.


Peut-être qu'à l'usage, le parlement retrouvera sa fonction au service du peuple qu'il représente plutôt que d'être le godillot du pouvoir : c'est souhaitable et indispensable, à condition que chaque député ne soit pas non plus un godillot du parti sur lequel il s'est appuyé pendant la campagne électorale. De leur indépendance dépend l'avenir de la démocratie. Bien sûr, il y a ceux qui ont de l'ambition plus pour eux-mêmes que pour les causes ou le pays à défendre, c'est à ceux-là qu'il faudrait fermer le caquet pour redonner aux citoyens l'envie de l'engagement, tant du vote que de la participation active à la vie, notamment locale en intégrant les associations. 


La nouvelle configuration de l'Assemblée nationale est donc plutôt une chose positive, sachons nous faire entendre, car la surdité du pouvoir ces dernières années a fini par s'écouter sans que le président n'en prenne conscience. Ce n'est pas tout de décréter des concertations, des conventions, encore faut-il en tirer les bonnes conclusions et prendre en compte les avertissements. Nul n'est infaillible, nul n'a raison sur tout, et le bon sens a besoin d'être remis sur le devant de la scène, car l'absurdité, la complexité, la virtualité de l'administration, complice ou soumise du pouvoir,  ne peuvent plus être la solution aux problèmes qu'elle crée elle-même.


Tout va s'arranger, tout s'arrange, il faut être patient et s'en occuper un peu aussi. 

 

Vendredi 17 juin


Un peu en retrait de mes occupations habituelles pour cause de mission de remplacement, j'ai un peu moins de temps à me consacrer à mes habitudes médiatiques. Alors revenons rapidement sur l'actualité  de ces derniers jours. 


Le sujet majeur qui occupe les esprits est la météo : après les orages de grêle dévastateurs à l'ouest et au nord u pays de Giat, on craint de vivre de nouveaux épisodes dramatiques là où il n'y a encore pas eu de dégâts, là où c'est déjà abîmé. La canicule de cette fin de semaine ajoute de l'inquiétude sur la sécheresse, et le risque d'orages après le coup de chaleur. Les agriculteurs sont dans les foins, constatant une baisse de rendement exceptionnelle, et avec le manque d'eau qui se fait bien sentir, il y a de quoi être soucieux pour la suite. Les forêts sèchent aussi, des premiers signes de mort des arbres apparaissent, la fragilité des bois est visible. Le bouleversement climatique semble bien s'installer au grand désespoir de ceux qui refusent de voir le changement et qui ne veulent surtout rien changer : ils seront obligés de le faire, la nature le décidera pour eux. 


Le second tour des élections législatives s'avère plus compliqué que prévu pour la majorité présidentielle qui n'aura peut-être pas la majorité absolue à l'assemblée nationale : à force de regarder de haut les citoyens, le monde politique est rejeté de tous côtés, l'abstention est la seule majorité audible actuellement, mais elle n'a pas droit à la parole. L'opposition s'oppose sans proposer des programmes suffisamment réalistes et encore moins pour faire rêver. La long terme n'est pas à l'affiche, on ne propose que de la marche arrière alors qu'il faut aller de l'avant, radicalement pour remettre le monde au niveau de la survie de l'humanité. Le système économique n'est plus supportable, il faut inventer l'avenir. 


La guerre en Ukraine n'est pas prête de finir, la Russie piétine, les occidentaux aident le pays attaqué, les européens montrent leur solidarité en soulevant des polémiques qui fragilisent l'unité du continent.  L'avenir des pays est lié, il ne sert à rien de vouloir s'affranchir de la construction de l'Europe pour faire croire que chaque pays peut s'en sortir avec une politique nationale, bien au contraire. Regardons le Royaume Uni : depuis le Brexit, il y a plus de problèmes que de solutions à la vie quotidienne des sujets de la reine. 

 

Mardi 7 juin

 

Les pluviauds de la Pentecôte auront été catastrophiques sur une grande partie du pays, et plus particulièrement en Marche et en Combraille pour notre secteur. Les  secteurs de Crocq et Dontreix en Creuse, Coeur de Combraille, tout autour de Saint-Gervais bien largement ont payé cher le passage de l'orage du 4 juin en soirée. On ne compte plus les toitures abîmées : sur les maisons bien sûr, tuiles et ardoises n'ont pas touts résistées et le bâchage a réquisitionné pompiers, services techniques et particuliers ces derniers jours à temps plein. Les tôles en fibro-ciment des bâtiments agricoles des secteurs impactés sont cassées, percées, criblées comme si elles avaient subi des tirs de mitrailleuses. Les panneaux photovoltaïques sont comme la plupart des vitres des automobiles, pas forcément cassés, mais inutilisables. Les cultures de céréales, de maïs, les jardins sont en miettes, des arbres sont arrachés, cassés. La désolation est visible dans le paysage des zones touchées, les dégâts ont immenses, il faudra du temps, des moyens pour effacer les marques de cette catastrophes. 


Les conséquences du changement climatique que certains veulent ignorer semblent bien réels et il va falloir s'attendre à d'autres phénomènes intenses dans tous les domaines : chaleur, orage, pluies, tempêtes. Ce qui était exceptionnel pourrait devenir courant. Alors comment se protéger ? Toute une réflexion est à faire, les modèles ancestraux ne sont plus valables, il faut se réinventer, vite. 


Gouverner, c'est prévoir. L'adage n'est plus trop à la mode depuis quelques décennies où les gouvernants de ce monde, et de notre pays, ont le nez dans le guidon, gérant les choses à court terme et ne voyant pas le mur, la falaise qui se dresse devant nous, qui se rapproche dangereusement. On est conscient, mais on reste dans le déni, espérant un miracle qui ne viendra pas. Alors, comme sur le Titanic, l'orchestre joue une dernière partition et le bateau coule inexorablement. Mais ce n'est pas la fin pour autant, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Mais on aurait pu échapper à pas mal de problèmes avec beaucoup de volonté, de solidarité, d'abnégation. 
Il faut se préparer à vivre autrement, plus sobrement. On ne s'en portera peut-être pas plus mal quand l'essentiel sera plus important que le superflu, sur l'intérêt général primera sur les intérêts particuliers. On va devoir s'adapter vite et bien, ou se taper dessus. Question de tempérament. 
Dimanche, les élections législatives ne reflèteront pas le changement de société nécessaire, quel que soit le résultat : les idées nouvelles et constructives ne sont pas à la une des programmes des candidats, des partis. L'œil est plutôt dans le rétroviseur, les références au passé, rien pour un avenir serein, dans un pays apaisé, solidaire, bienveillant. Mais il faut aller voter quand même. 

 

Mercredi  1 juin


Sur les dix derniers jours de mai, on est passé de la canicule à une fraîcheur certaine, le thermomètre accusant une baisse du mercure forte et rapide. Les effets du changement climatique se font sentir un peu plus chaque année. La sécheresse guette sérieusement,  des arbres montrent des signes de fatigue sérieux, quelques-uns sont déjà morts. Le monde change en profondeur, ce qui est déjà arrivé, mais jamais aussi rapidement. La part de l'homme dans le phénomène explique cela. Il va falloir s'adapter collectivement et ce ne sera pas facile de transformer les sociétés habituées à une certaine facilité, un relatif confort, de vie. Revenir aux fondamentaux, à la sobriété, à la rigueur des gestes quotidiens dont on sait maintenant qu'ils peuvent influer sur l'évolution du monde. 


Certes chacun a son rôle, et les acteurs de la gouvernance mondiale sont plus enclins à demander des efforts au plus grand nombre qu'à ceux qui ont de véritables leviers, peu nombreux mais au pouvoir certain : les plus riches, comme les états les plus prospères, sont les premiers pollueurs et consommateurs de matières premières, et ils continuent comme si de rien n'était, parce qu'ils se croient à l'abri des conséquences des phénomènes dont ils sont grandement producteurs. On ne peut qu'en parler pour le moment, les politiques d'envergure nécessaires arriveront bientôt, de force et les moins fortunés, les moins libres en paieront le prix fort, comme à chaque fois. 


En attendant, le monde tourne tant bien que mal. Des guerres d'un autre âge le bouleversent bien que ce soit perdu d'avance : les rêves d'empire finissent mal en général. Au 21ème siècle, la conquête militaire n'est plus efficace, les luttes d'influence sur le commerce, l'économie, l'information ont de meilleurs résultats pour s'imposer. La Chine est omniprésente en Afrique, racolant les matières premières des états en achetant les pouvoirs locaux à coup d'investissements structurels que n'ont pas fait les occidentaux pour se maintenir.  La Russie s'ingère aussi sur le continent noir avec ses mercenaires, une autre forme d'accaparement que n'ont pas su arrêter les puissances occidentales. La naïveté européenne face à ce déchaînement entrepris depuis des décennies a laissé le champ libre, les consciences s'éveillent un peu tardivement parce que les intérêts financiers restaient intéressants, mais maintenant que l'autonomie du vieux continent est en danger en énergie, en alimentation, et en liberté même, les réactions, communes, font bouger les lignes. Il était temps ! 


En France, le gouvernement tangue sous les annonces  de comportements de ministres qui ne sont pas aussi irréprochables qu'ils ne l'étaient à une autre époque :  le monde change aussi sous l'influence des réseaux sociaux qui deviennent des tribunaux d'exception s'exemptant des droits à la justice pour tous.  La finale de la "Champion's League" au stade de France ne s'est pas déroulée comme il aurait fallu : un chaos indescriptible autour du stade et les violences en direct ont mis le doigt sur plusieurs problèmes de fraude, d'organisation, de sécurité. S'en suit des polémiques sans fin faisant les choux gras de l'opposition en campagne électorale des législatives qui n'intéressent pas grand monde. Haro sur le gouvernement, le ministre de l'Intérieur et la police : tous des nuls et des incapables. Il est certain que les donneurs de leçon qui ne sont pas au pouvoir auraient fait mieux, peut-être. Devant les faits, c'est une autre affaire. Mais c'est de bonne guerre, même si c'est brasser du vent. Occuper l'espace médiatique, il en restera toujours quelque chose et ça permet de survivre. Détruire plutôt que construire est une constante chez ceux qui n'ont pas d'arguments solides. 


Le mois de juin débute avec le jubilée de platine de la reine d'Angleterre, ça va occuper les médias et détourner l'attention sur les malheurs du monde. Une pause royale qui traduit la fin d'une époque, la fin d'un monde. 

Au pays de Giat, les fêtes reviennent, mais ce ne sera plus comme avant. Les participants sont exigeants, les bénévoles sont rares, les moyens ont limités. Il faudra faire avec,  et ça peut être très bien : ce qui compte, c'est d'être ensemble, de se retrouver, de faire la fête sans chercher autre chose que du plaisir, et les plus simples sont les meilleurs. Il faut vivre l'instant fortement, apprécier les petits bonheurs, cela suffit pour être heureux. 

 

Samedi 21 mai

 

Il aura fallu quatre jours pour voir apparaître la composition du gouvernement dirigée par Élisabeth Borne, et ce ne sera pas la révolution. Intérieur, Économie et Justice restent aux mains des ministres sortants, quelques ajustements ailleurs, une surprise à l’Éducation avec l'arrivée de Pap Ndiaye, qui n'est pas un technocrate mais un normalien agrégé d'histoire, contrairement aux ministères dédiés à l'écologie : transition énergétique et planification écologique, sujets jugés prioritaires par le président, sont confiés à des femmes expérimentées en économie et industrie, de quoi rassurer les milieux des affaires, mais il va falloir cravacher dur pour faire face aux enjeux climatiques annoncés. 


Le gouvernement n'est pas au complet, il est transitoire jusqu'à l'élection des députés : on règlera les problèmes urgents après. Le temps politique est à géométrie variable, les priorités du quotidien ne sont pas celles des ministres. 


Nous ne savons pas à quelle sauce nos vies vont être cuisinées, en gros, cela ne changera pas grand chose dans l'immédiat mais à long terme, il est à craindre ou à espérer de grands bouleversements. Le changement de civilisation, de société est en marche forcée, nous n'y croyons pas encore, mais autant s'y préparer, sachant que nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Sauf que ce sera différent, radicalement du fait que nos dirigeants et collectivement, nous n'avons pas anticipé les modifications annoncées depuis des décennies, et qui sont là maintenant. Il va y avoir une période plus ou moins longue difficile, dangereuse, mais après ça ira mieux forcément. C'est toujours comme ça, quoi qu'on fasse. Il n'est pas la peine de se faire du mouron, ça arrivera, alors autant profiter du bon temps qu'on se donne. 


Les chaleurs actuelles, inhabituelles pour la saison, mais qui semblent confirmer le réchauffement climatique sont inquiétantes sur le niveau des eaux : la sécheresse pointe son nez et progresse vite. Il ne serait pas surprenant que nous nous dirigions vers un temps à deux saisons, comme sous les tropiques. La fête des voisins a pu se passer en terrasse ce week-end, sans petite laine. Le pont de l'Ascension pourra se traverser à gué, les pluviaux de Pentecôte seront attendus dans une certaine effervescence, pourvu qu'il pleuve à Saint-Barnabé. 


Quand le monde en est à prier le ciel, prêt à tout pour se rassurer, c'est signe de grandes tensions. On se rappellera que les phénomènes climatiques ont été des déclencheurs civilisationnels :  l'empire Inca s'est déconfit sous les rayons ardents d'un soleil divin, aidé par l'invasion espagnole (un remplacement qui ne gène pas les pseudo-historiens révisionnistes qui rêvent de fermer les frontières plus près de chez nous), tout comme la famine a décimé des peuples entiers en Afrique, tout comme le refroidissement de la fin du 18ème siècle a été une des causes de la Révolution française. On se rappellera que les périodes de paix succèdent aux périodes violentes mais elles sont souvent plus courtes, l'homme aime faire  le mal. 


Beaucoup de nos citoyens rêvent d'un pouvoir autoritaire pour mettre de l'ordre dans un pays qui va à vau l'au selon les injonctions des apprentis dictateurs qu'ils écoutent, ceux-là qui se servent de la démocratie pour prendre le pouvoir au nom de la liberté d'un peuple qu'ils veulent asservir en réalité. Et après, ils rêveront de révolution pour couper des têtes et retrouver leur plaisir de râler, car jamais rien n'ira au pays des droits de l'homme, c'est dans le sang, dans les gènes. Et aussi parce que nous vivons dans un pays riche et en paix...


Donc, ça ne va pas bien, mais c'est pire ailleurs. Contentons nous de notre confort, de nos possibilités d'être soignés à moindre coût, d'avoir encore de quoi bien manger, de vivre plutôt en sécurité. Si ça peut aider, regardons ailleurs et comparons. On n'est pas si mal.  

 

Mardi 17 mai


Cette fois, ça y est. Le deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron est engagé et la gouvernance du pays va débuter sous l'autorité d'une femme. Élisabeth Borne a été nommée première ministre, seconde femme à occuper Matignon trente ans après Édith Cresson. Cette nomination est sous le coup des projecteurs comme si cela était exceptionnel, parce que la patriarcat en politique a la vie dure, mais en 2022, cela devrait paraître normal et ce qui ne l'est pas, c'est que ça arrive maintenant seulement. Aguerrie à l'exercice ministériel, Élisabeth Borne devra cependant batailler plus dure que si elle était un homme : rien ne lui sera laissé passer selon les mentalités de ses pairs masculins, rétrogrades même chez des plus jeunes. 


Les médias ont fini de ronger leur pain, ils savent désormais et ils peuvent passer aux spéculations des résultats des législatives prochaines. La guerre en Ukraine est devenue une information de second plan, les catastrophes écologiques risquent d'être trop régulières pour en faire la une des journaux, la hausse des prix est engagée pour durer donc ce n'est plus d'actualité. Et les bonnes nouvelles ne font pas l'ouverture des journaux télévisées, que va-t-il rester ? Il ne faut pas s'en faire, un petit faits divers peut vite devenir une affaire d’État pendant quelques heures.  Il y a bien des signaux dangereux ailleurs dans le monde qui risquent de nous affecter tôt ou tard, mais tant qu'on regarde ailleurs, on ne risque rien. 


La sécheresse guette dans le pays, et chez nous aussi. Avec les chaleurs du moment, ça n'arrange pas la nature, les agriculteurs commencent à faucher. Ils ont peut-être raison de récolter, on ne sait pas de quoi l'avenir sera fait. La nourriture et l'eau potable sont des enjeux préoccupants, il faut absolument se mobiliser, se contrôler pour faire attention, réduire les gaspillages, consommer avec modération, revenir à plus de sobriété. Se rappeler notre enfance, la vie de nos anciens qui étaient nés à une époque plus frugale, où chaque chose avait une valeur essentielle. Finie la grande vie. 
Il faudrait aussi se recentrer sur la collectivité, participer à son organisation, sa gestion plutôt que d'attendre en râlant une amélioration individuelle de son sort. Quitter les écrans, remettre les pieds sur terre, parler aux voisins, donner du sens à sa vie. 


Philosophons, c'est la période des épreuves pour le bac, réfléchissons à ce qu'on peut faire chacun dans son rôle, collectivement dans son action, pour rendre meilleur un monde en pleine déliquescence.  Bonne réflexion. 

 

 

Jeudi 5 mai

 

Le temps est à l'inquiétude quasiment à tous les niveaux : les nuages s'amoncellent au dessus de nos têtes et nous n'y pouvons pas grand chose. Le parapluie risque d'être trop petit pour protéger de grosses intempéries qui pourraient arriver. Ce n'est pas gai, et nous avons une part de responsabilité dans les problèmes qui apparaissent. 


Les inquiétudes sur le climat, les  craintes des conséquences du réchauffement climatique font la une des médias ces derniers jours : il est trop tard pour ajuster le tir, il faut prévoir les adaptations aux changements irréversibles qui s'annoncent, dit un des meilleurs spécialistes du sujet. Les premières alertes sur les dangers du réchauffement de la planète dus aux activités humaines ont été lancées il y a un demi-siècle, l'alarme a été déclenchée à la fin du siècle dernier, elle sonne de plus en plus fort au gré des conventions mondiales régulières. Rien n'y fait, pas de volonté dans les pays riches pour réduire les émissions, pour modifier les comportements. Le mal empire, nous allons être contraints de vivre différemment dans les prochaines décennies, de survivre peut-être. 


Les inquiétudes sur la paix, la guerre en Ukraine éclipse les autres qui n'ont pas pour autant cessé. Tout cela nous rappelle la fragilité de nos sociétés et le devoir de consolider l'Europe pour éviter de revoir les conflits des siècles passés. Là aussi, on a vu arriver les velléités de Poutine, comme celle des autres autocrates et dictateurs avec qui les démocrates ont préféré sceller des contrats économiques à court terme que de soutenir des oppositions condamnées à terme. Fermer les yeux n'évite pas le danger. Tout n'est pas clair en Ukraine, mais des luttes d'influence, de territoire, d'égos démesurés de dirigeants passent au-dessus des citoyens victimes d'un jeu d'échec planétaire entre grandes puissances. 


Des inquiétudes sur le pouvoir d'achat, l'inflation des prix de l'énergie et de l'alimentaire est la conséquence des deux précédents paragraphes, mais c'est aussi cette propension des gens à ne pas vouloir regarder les choses en face. Les bas prix pratiqués depuis des années ne reflètent que les lois du marché : notre niveau de vie dépend de la pauvreté des pays fournisseurs, pillés par les grands opérateurs capitalistes ou chinois, de l'exploitation de main d'œuvre privée de droits sociaux et de libertés, d'enjeux stratégiques disputés par les puissances mondiales. Les prix vont continuer à grimper, nous allons devoir se serrer la ceinture : c'est bon pour la planète au bout du compte. 


Les temps sont durs, mais ça va s'arranger après les élections législatives : nos futurs députés et le prochain gouvernement vont mettre en place les promesses électorales destinées à améliorer les choses, mais quelles choses ? 

 

Lundi 25 avril

 

C'est reparti pour cinq ans ! le résultat de l'élection présidentielle a donné la victoire au président sortant Emmanuel Macron avec 58 % des suffrages  exprimés. C'est moins qu'en 2017, et son opposante Marine le Pen ne manque pas de souligner ce fait parce qu'elle a gagné des millions de voix depuis la précédente élection : c'est une évolution qu'il faut constater mais qu'il faut aussi replacer dans le contexte du paysage politique français en pleine déliquescence. Que ce soit l'un ou l'autre des candidats au deuxième tour, ils n'acquièrent pas l'adhésion d'une majorité de citoyens et ce serait bien qu'ils s'en rappellent. 


Dans son discours de victoire, le président a déclaré vouloir prendre en compte les aspirations de tous les français, dans un souhait de réconciliation, de rassemblement. Il sait qu'il sera attendu au tournant, et on peut espérer que son expérience du premier mandat lui sera utile pour gérer le pays dans ce sens, mais réduire des fractures déjà anciennes ignorées depuis plus de 20 ans sera un défi pas facile à relever si chacun n'y prend pas sa part. Les tensions sont vives, et je lis sur les réseaux sociaux des commentaires toujours aussi radicaux comme "on est reparti pour cinq ans de dictature !". On ne me fera pas croire que le nationalisme ou le souverainisme défendue par Marine le Pen soient des garanties de démocraties et de libertés pour les opposants : la politique menée par son ami Orban en Hongrie le démontre notamment, je n'oserais pas parler de la Russie comme exemple, ce serait déplacé.  Les déçus de cette élection ont celle des législatives à venir pour se refaire, et tenter la cohabitation. Ce n'est pas faciliter la gouvernance du pays, mais avec des gens de bonne volonté, on a vu par le passé que ça pouvait plutôt pas trop mal marcher. Avec des gens de bonne volonté, j'insiste, parce que je n'en vois pas beaucoup pour répondre à l'appel. 


En 2017, un vent d'espoir s'était levé et on a été globalement déçu : le ruissellement promis n'a pas eu lieu et à notre petit niveau, la situation ne s'est pas grandement amélioré, mais si le ressenti de beaucoup est au déclassement, il faut être honnête, cela aurait pu être pire sans les crises qui ont secoué le pays et le gouvernement qui a du mettre le nez dans le volant et les mains dans le cambouis pour faire des réajustements à sa politique libérale outrancière. On dirait que pour la suite, le président en a tiré des leçons qui laissent croire qu'un tournant est amorcé. Je mets du conditionnel dans mes propos, on jugera sur le tas. 
La guerre en Ukraine a rebattu les cartes en Europe, et la réélection de Macron rassure sur l'union européenne plus que nécessaire actuellement, essentielle pour la sécurité du continent dans l'avenir. Le repli sur soi souhaité par beaucoup n'est pas une garantie suffisante pour vivre heureux très longtemps, l'histoire le démontre, la Suisse reste une exception pour ne pas être impliquée dans une crise mondiale. 


Au pays de Giat, l'élection donne une courte avance à Emmanuel Macron : le monde rural sonne l'alarme pour qu'il soit mieux considéré dans les institutions et les administrations,  pour qu'il ne soit pas sous les injonctions des pouvoirs urbains qui méconnaissent le terrain, qui restent enfermés dans la théorie et la technocratie virtuelles : une autre forme de repli sur soi condescendante qui méprise une grande partie des habitants de ce pays. Un autre défi pour le Président dans sa quête de rassemblement et d'égalité des citoyens. 
Mais quelle que soit la politique future, il faut avoir en tête que c'est avant tout nous qui avons notre destin entre nos mains : nos choix personnels, nos motivations, nos engagements, nos décisions  sont les premiers outils qui fabriquent notre avenir et le vivre ensemble ici est la première pierre d'une communauté solidaire qui nous sauvera du chacun pour soi, stérile et mortel à terme. 


Bonnes réflexions, et ne jugeons pas trop vite les sentiments des uns et des autres : la vérité d'un jour n'est pas toujours celle du lendemain. 

 

Jeudi 21 avril


20 ans après le dimanche historique des élections présidentielles de 2002 qui avait vu une victoire écrasante de Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen grâce au fameux barrage républicain, il est certain que cela ne se répètera pas dans le duel du second tour cette année. La fille du candidat du Front National, sous les couleurs du Rassemblement National, Marine Le Pen, a beaucoup travaillé pour effacer les arêtes saillantes des idées de son père, mais il reste les racines, et se présenter en candidate modérée face à Emmanuel Macron, président sortant, centriste à géométrie variable, destructeur des partis de gouvernement classiques.

Le paysage politique français est fracturé : quatre grands blocs le constitue, divisés en morceaux plus ou moins solidaires. Le bloc macronien, centriste au gouvernail dirigé plus à droite qu'à gauche ; le bloc de droite tiré entre l'extrême de Zemmour à la droite sociale des Républicains, avec Marine Le Pen en progrès ; le bloc de gauche depuis les marges de Lutte Ouvrière et du NPA jusqu'au dernier carré de vrais socialistes, boosté par les Insoumis, avec une trace de verts qui n'arrivent pas à s'unir ; le bloc des abstentionnistes qui regardent de loin leur avenir se décider par les autres. Le consensus nécessaire à une politique de progrès n'est pas à l'ordre du jour !


Hier soir, le débat de l'entre-deux tours a opposé les deux finalistes pour vanter chacun leurs programme, et apparemment, il n'est pas ressorti grand chose de la soirée. J'ai préféré passé ma soirée télé devant "Faut pas rêver", le titre de l'émission convenait mieux au débat qu'aux déambulations dans le Jura qui nous étaient offertes comme une invitation à voyager.  Je doute des records d'audience pour le débat. Ce matin, j'ai écouté les commentaires des radios : je n'ai pas perdu de temps. 


Pendant ce temps, le sud et l'est de l'Ukraine ploient sous les tapis de bombes russes, destructrices des villes que le dictateur russe dit vouloir libérer : une conception testée en Tchétchénie et en Syrie, laissant des territoires de désolation et de misère totale. La liberté dans le vide. Les ukrainiens résistent, seuls, aidés par l'aumône des armes des pays occidentaux, infligeant à l'armée de la grande Russie une forme d'humiliation quotidienne après plus de 55 jours de combats. David tient tête à Goliath, avec panache et au prix de lourds sacrifices pour la population. La guerre impacte l'économie mondiale et les prix à la consommation flambent partout. Nos concitoyens se plaignent haut et fort de ces désagréments, oubliant au passage les restrictions alimentaires dans beaucoup de pays plus mal lotis, sans parler des réductions de libertés qu'ils ne connaissent pas.

 

Mais pour certains, nous sommes dans un pays autoritaire,  parce que leurs idées n'ont pas pignons sur rue, des idées influencés par des médias bien manipulés présents sur les réseaux sociaux. Ceux-là même qui rêvent d'un pays uniforme, idéal comme la Corée du Nord par exemple, où la liberté est totale, à condition de se conformer sans bronché aux règles édictées par le grand leader. 

 

Dimanche, j'irai voté bien sûr, et quelque soit le résultat, je continuerai tant qu'il me sera possible à commenter  l'actualité, librement, sans contrainte. Parce que je me serais exprimé pour participer à la décision de mon avenir  dans la République, en démocratie. Ce qui est bien fragile en ce monde. 

 

Lundi 11 avril


Le premier tour de l'élection présidentielle est passé sans réserver de surprise pour le second tour, mais révélant une situation inquiétante sur l'état de la démocratie dans le pays, ou plutôt sur le niveau de la qualité du débat démocratique qui est tombé bien bas en quelques décennies. 


Alors, ce sera comme en 2017 : un duel Le Pen - Macron mais ce sera différent quand même, l'effet nouveauté n'y est plus et la jeunesse du Président s'est un peu perdu dans le quinquennat au gré des crises qu'il a du affronter, assez adroitement, il faut  lui reconnaître une certaine maîtrise du pouvoir. Cependant, il reste malgré tout enfermé dans ses certitudes libérales et il n'arrive pas à saisir le pouls du pays pour engager une politique innovante pour définir un avenir du pays plus serein, plus juste, plus heureux. Paradoxalement, Marine le Pen a fait des voltefaces acrobatiques sur ses idées de départ pour se présenter en candidate moins affolante, moins effrayante pour les modérés qu'elle courtise. Le cœur du programme reste souverainiste, nationaliste, raciste et clientéliste : c'est le repli sur soi qui peut apparaître protecteur pour une partie de la population, et cela peut être vrai à court terme, mais ça ne marche pas dans un monde imbriqué de toutes parts. Comme le mondialisme exacerbé qu'on nous sert depuis 40 ans ne fonctionne pas mieux, si ce n'est à nous rendre dépendant à notre corps défendant de pays ou puissances pas toujours gentils. L'actualité de ces dernières années nous le prouve. 


Alors, pour ceux qui vont voter, mais qui ne se reconnaissent pas dans le duo du second tour, il y a un dilemme que je ne trancherais pas, mes écrits passés ont largement expliqué mon point de vue. C'est-à-dire que les politiques du passé qui n'ont pas marché ne marcheront pas mieux maintenant, et que l'offre qu'on nous propose reste de la marche arrière à se prendre un mur en face ! Quand je pense aux conversations que j'ai pu avoir avec les anciens de l'âge de mes grands-parents alors que j'étais un jeune homme, au début des années Mitterrand : il y avait du sens à débattre d'une République dans laquelle on n'avait confiance, pour laquelle ils avaient combattu même. La démocratie telle qu'ils la pratiquaient était vigoureuse, tout en restant respectueuse des adversaires et de leurs idées,  et les extrémistes restaient minoritaires parce qu'ils les trouvaient trop dangereux. Parce qu'il y avait un esprit collectif de liberté, de fraternité : le chacun pour soi de nos sociétés modernes et marchandes n'avait pas cours. Le chacun chez soi n'empêchait pas de laisser les portes ouvertes pour échanger, partager, débattre sans être absolument borné et inféodé à des hurluberlus de la politique, bon tribuns aux idées noires et courtes, ceux-là même dont les descendants sont adulés sur les réseaux sociaux par des citoyens perdus, affolés, irréfléchis qui ne savent pas se frayer le chemin de la réflexion dans les méandres de la communication nébuleuse actuelle. 


Mais, en écoutant ou en lisant les communiqués des candidats battus ou de leurs représentants, en scrutant les analyses des experts politiques, en regardant les explications techniques des instituts de sondages, je me dis  qu'on est pas sorti du trou encore. Pas un, ou alors je l'aurais zappé, ne  remet en cause sa manière de faire, sa ligne de conduite. On perd à tous les coups, mais on continue dans le même sens, pour faire bref. Et le pays perd aussi. Les grands partis démocrates sont réduits à peau de chagrin à cause des égos de leurs dirigeants qui n'ont pas voulu laisser la place, on voit aussi les opportunistes qui tournent leur veste au gré des courants d'air, et au final, il y a le vide sidéral dans lequel se trouve le monde politique aujourd'hui, des citoyens désabusés qui regardent ailleurs, qui ne croient plus, qui ne votent plus. La patrie est en danger, non pas par le grand remplacement, mais par l'abêtissement général des personnels dirigeants et de ceux qui les autorisent à diriger. Il ne faut pas tout voir en noir, ça n'est pas perdu pour tout le monde, et  ça fait bien rire Poutine, Erdogan, Xi Jimping et Trump entre autres. Nous n'avons que ce que nous méritons. 


Le 24 avril, allez voter quand même. Il faudra réfléchir aux législatives pour désigner des députés peut-être moins godillots que d'habitude et représentants du peuple avant d'être aux ordres d'un parti quelconque. 


Il fait beau, on a la santé, tout ne va pas si mal. 

 

Vendredi 8 avril


Au premier jour de ma soixantième année, l'ambiance générale du monde est à l'image de la météo de ce vendredi au pays de Giat : venteuse et grise. La guerre en Ukraine, ses destructions massives, ses massacres, ses exilés restent d'actualité et le resteront encore longtemps. Les conséquences sur l'économie amplifient des mouvements haussiers sur les prix des matières premières, déjà amorcés depuis le début de la fin de la crise sanitaire. Et tout ça va peser sur le futur proche de l'humanité. A plus long terme,  les changements climatiques et environnementaux que nous regardons arriver sans bouger seront plus impactant que tout le reste, il faudra que l'homme s'adapte s'il ne veut pas vivre la fin de l'humanité, et ça risque d'être douloureux.

 
Revenons à des préoccupations plus proches de nous : le premier tour des élections présidentielles va déterminer le duel du second tour du 24 avril, et les prévisions annoncées depuis des mois ne se vérifieront peut-être pas tant les cartes ont été rebattues ces dernières semaines, tant l'abstention s'annonce forte, tant les indécis sont nombreux. Rien n'est jouer, il peut y avoir des surprises. Les enjeux sont forts, mais peut-être pas autant qu'on le croit : il faut arrêter d'idéaliser la posture présidentielle qui n'est pas (encore) de droit absolu. Les élections législatives qui suivront donneront la note pour la gestion du pays dans les mois d'après : le président a besoin d'une majorité au parlement pour faire passer son programme,  c'est une limite d'envergure non négligeable.  Le rêve (ou le cauchemar selon son point de vue) de certains n'est pas acquis d'office, et c'est tant mieux. La démocratie est fragile et il n'est pas bon de faire confiance totalement à une seule personne pour décider son destin  : on le voit en Russie notamment...pour ceux qui seraient tentés de tester un pouvoir autoritaire qui avance masqué derrière de bonnes intentions. Les dictateurs ont toujours voulu le bien du peuple et la grandeur du pays pour prendre le pouvoir par les urnes, dénonçant la faiblesse d'élus corrompus qui devraient assumer leurs fonction bénévolement. A ceux qui trouvent les indemnités des parlementaires ou les salaires des ministres trop élevés, il serait naïf de croire que ces personnes veulent travailler gratuitement, et qu'avec de faibles émoluments, elles seraient tenter de rendre quelques services à de puissants groupes influents moyennant quelques dons intéressants. Sachant que ça existe déjà un peu, imaginer comment cela se pourrait se passer. La démocratie a un coût qu'il faut assumer, et ce n'est pas là qu'il faut faire des économies, surtout que c'est une part infime dans le budget. 


Dans les programmes électoraux, la réduction des impôts est toujours bien vue. Mais comment compenser la baisse de recettes ? L'unanimité est faite sur la baisse des dépenses, qui passe par la réduction du nombre de fonctionnaires en premier lieu. Le citoyen de base approuve, tant que ça ne le touche pas. Parce qu'il ne faudrait pas moins de personnels dans les hôpitaux, parce qu'il faut garder les écoles ouvertes, parce qu'il manque déjà de forces de l'ordre, parce que la justice est trop lente..; sans parler que les montant des retraites ne sont pas assez élevées, que la sécurité sociale ne rembourse pas assez...L'Etat a réduit ses compétences en les transférant aux collectivités locales, il compense le transfert à l'euro prêt, mais sans toujours suivre l'évolution des coûts, ni des exigences légales qu'il impose en plus après. Une certaine hypocrisie intellectuelle. 
Raser gratis ne marche pas, faire croire que les impôts vont baisser sans dire que d'autres prélèvements compenseront le manque à gagner est malhonnête, il ne faut pas être dupe. Ce qui ne sera pas financé par le contribuable le sera par le consommateur, qu'on ne s'y trompe pas, et à ce petit jeu, c'est le pauvre qui va trinquer un peu plus. 


Dimanche soir, quel que soit le résultat, le désenchantement ne sera pas une surprise. Les commentateurs gausseront sur l'abstention qui aura favoriser ou pénaliser certains candidats, les porte-paroles de ceux-ci diront leur amertume sur la démobilisation, mais comme d'habitude, personne ne se remettra en cause, ce sera la faute des autres. Et ça fait plus de vingt ans que ça dure ! 
Pauvre France ! comme aurait dit ma mère. Profitons de la vie tant qu'elle est douce et confortable. Ca peut changer vite. Carpe diem ! 

 

Samedi 2 avril


Le printemps avait bien commencé, sous le soleil et la douceur au moment du passage à l'heure d'été. Et patatras, le mois d'avril débute dans le froid et sous la neige ! de quoi faire passer la guerre en Ukraine, la campagne électorale des présidentielles, et autres actualités sérieuses au second plan : il neige en avril, il neige au printemps ! Il est vrai que les plaines sont touchées, il est regrettable que la douceur des semaines précédentes aient réveillées la nature et que le bourgeonnement des cultures fruitières et des vignes bien avancées risque de souffrir de destructions aux conséquences irrémédiables sur les productions. Mais il n'y a rien d'exceptionnel au pays de Giat, on n'a vu de la neige d'autres fois à pareille époque et même plus tard, il y a eu des foires du 15 avril compromises, et le 25 mai c'est arrivé une fois. Mais ça fait de la conversation. La preuve, déjà dix lignes écrites. 


Le sérieux de l'actualité reste focalisé sur ce qui est dit plus haut : la guerre en Ukraine se poursuit avec son lot de victimes, la chape de plomb renforcée sur la liberté des Russes, l'augmentation des prix sur les matières premières et alimentaires qui pénalisent une bonne partie du monde.  La campagne électorale est dans sa phase officielle, les cartes d'électeurs sont distribuées, la propagande électorale aussi, par la Poste. Les dysfonctionnements des élections régionales et départementales ont remis la distribution aux mains d'une entreprise qui sait faire plutôt qu'à une société spécialisée qui n'y connaissait rien en dehors des métropoles. Pour une fois, la leçon a été comprise, peut-être parce que ça touche les décideurs...


Malgré cela, une grande partie des électeurs ne sait pas à quel candidat se vouer,  ou simplement aller voter : le niveau de cette campagne, des propositions des candidats sont tellement peu à la hauteur de ce qui est attendu que ça dégoûte un peu plus le citoyen, surtout celui qui ne s'engage pas mais qui est revendicatif...(anonymement de préférence).


Le miracle ne sera pas pour cette fois, quelle que soit l'élection. Le rêve de changement restera un rêve parce que les conditions pour s'en approcher n'y sont pas, l'individualisme des gens est le meilleur frein à faire avancer la société parce qu'il faut une réponse collective aux problèmes, une réponse consensuelle et approuvée. Nous en sommes loin, les clivages sont tellement ardus que la guerre civile est plus proche que la révolution générale. L'inconvénient d'être dans un pays qui se croit encore riche et fort, puissant même. Il y a bien longtemps que le pays a été dépassé par d'autres, nous n'avons pas rétrogradé parce qu'il y a eu du progrès, mais cela a été plus fulgurant en Chine par exemple. Aussi parce que nous avons une protection sociale qui nous permet de ne pas sombrer dans la misère du jour au lendemain, on l'oublie trop souvent. Mais ceux qui veulent payer moins d'impôts, de charges sociales sont bien contents de bénéficier des avantages sociaux quand ils en ont besoin. Il faut bien tout analyser avant de vouloir plus de gain pour consommer, parce que ça ne fait pas tout. 


Dans la campagne blanche, ou au coin du feu, il y aura du temps pour réfléchir ce week-end, pour élargir sa recherche d'informations, pour débattre sérieusement. De quoi s'occuper ou alors rester à s'abrutir devant les niaiseries de la télévision ou des réseaux sociaux. C'est un choix.   

 

 

 

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Toujours dans les têtes, les images des attentats du 7 janvier à Paris s’estompent doucement comme l’unité nationale mise en avant depuis ce moment-là. La vie reprend ses habitudes. Que va-t-il rester de cette cohésion exemplaire qui a montré la possibilité de l’union d’un peuple, de la réunion des gouvernants démocratiques si belle à l’image ?

 

Depuis aussi, il y a eu les élections en Grèce avec l’arrivée au pouvoir d’un parti de la gauche

Édition du 1 décembre

Soutien

 

De fidèles visiteurs du site, ayant un pied-à-terre à Condat, ont subi la tornade qui a frappé leur village de Bihucourt dans le Pas-de Calais où ils ont leur résidence principale.

 

 

La maison a été touchée : "des pannes et cheminée tombées et garage envolé plus d arbres". Leurs amis du Pays de Giat leur apportent leur soutien dans cette difficile épreuve.

Transports régionaux

Ligne 17

Felletin - Clermont-Fd

TER17

 

Ligne 12

Ussel - Montluçon

TER12

 

Ligne 53

Giat-Clermont-Fd

Transdôme53

26-11-2022

La curiosité des jeunes limousines

Stat

la fréquentation moyenne actuelle s'établit à  

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 le 6 novembre 2009,

 

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lundi 11 juillet 2022

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(recherche successeur)

 

 

 

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