EDITORIAL

Mardi 18 janvier


Les conséquences de l'éruption volcanique aux îles Tonga dans le Pacifique seront certainement plus dommageables pour l'environnement que ne le seront celles de la pandémie sur l'humanité. Mais la catastrophe naturelle qui s'est déroulée loin de la civilisation a eu peu d'impact sur l'actualité alors qu'elle sera peut-être l'origine de changements supplémentaires incommensurables. Mais dans notre monde à courte vue, il est plus important de parler de rien ou de pas grand chose, mais tant qu'on en parle, on ne parle pas des sujets majeurs. 


Les polémiques stériles de la campagne présidentielle font partie de cela, comme si les vacances à Ibiza du ministre de l’Éducation étaient la cause des problèmes de gestion de la crise dans les établissements scolaires. Le pauvre ministre rame fort pour tenter de sortir des absurdités des protocoles successifs mis en place pour cette gestion : les énarques de ses services et autres technocrates de ceux du ministère de la Santé font tout pour que personne ne comprenne à ce qu'ils croient juste et efficace, sans jamais se remettre en cause, sûrs et certains que sur le terrain ça marchera comme dans le monde virtuel dans lequel ils sont enfermés. Ces gens-là sont formatés pour un monde parfait, mis en équation alors que le monde réel n'est que chaos organisé de façon aléatoire. C'est à dire que la réaction aux problèmes exige de l'action inédite, forte et parfois spontanée. Loin de certitudes prévues dans les programmes informatiques, dans les algorithmes censés comprendre les choses. L'activité du cerveau humain reste bien la seule réponse pour trouver la bonne solution. De préférence en équipe, l'union fait la force. 
Mais il ne faudrait pas encore une fois créer des clans, les techno d'un côté, les gens de terrain de l'autre. Il faut arrêter de cloisonner, et faire travailler ensemble ceux qui peuvent apporter de meilleures solutions, améliorer l'organisation du monde et de l'administration particulièrement. De l'utopie dans ce monde de brutes, je l'accorde. 


"Vite et bien ne vont pas ensemble" aurait dit ma mère quand je voulais me débarrasser de certaines tâches, mais je crois que "compliqué et long" comme peuvent l'être les textes des règles et lois produits ces dernières années n'est pas mieux. Un peu moins de circonvolutions dans ceux-là, un peu moins de dérogations, exceptions et conditions particulières aideraient à une meilleure compréhension pour chacun, comme une meilleure acceptation de tous, et donc une application facilitée.  Un vœu pieu dans ce monde complexe de par la volonté de quelques-uns. 


Donner du sens aux choses et tout ira mieux : comment peut-on faire confiance quand rien n'est fait pour servir le citoyen, quand tout est fait par et pour l'administration centrale. Quand j'ai débuté ma mission d'informer il y a plus de 20 ans, je me suis rappelé un conseil de rédacteur :"tu écris pour être lu et compris par ceux qui achètent le journal, tu n'écris pas pour toi". Il serait bien que les auteurs des lois, des règles, des règlements fassent de même. Et pour les candidats qui parlent souvent au nom des français à qui ils ne demandent que de voter pour eux, ils devraient les laisser s'exprimer à leur place, ça serait plus honnête. 

 

Lundi 10 janvier


Voilà l'année bien entamée désormais, et la première décade n'a pas été des plus joyeuses pour l'ambiance générale. La propagation du variant Omicron dans la pandémie du Covid-19 sème la panique à tous les étages serait-on tenter de dire, mais c'est une panique relativement sous contrôle, tant que le système hospitalier ne craque pas malgré des fissures de plus en plus large, une fragilisation extrême. Par contre, la gestion des tests est au niveau de la crue du gave d'Oloron dans les Pyrénées aujourd'hui : ça tient, mais ça déborde au-dessus des limites !


Et pendant ce temps, le Président qui veut emmerder les non vaccinés, ainsi que les représentants de l'opposition ainsi que les potentiels candidats à l'élection présidentielle, restent concentrés sur les problèmes de sécurité qui contrarient la vie des français, à les écouter, bien relayés par les chaînes d'infos continues. S'il est vrai que c'est un problème majeur, ce n'est pas réellement celui qui fait craindre le plus pour l'avenir. Il faut bien comprendre que l'insécurité n'est que la conséquence d'autres causes, soient non résolues, soient bien entretenues. Résoudre l'insécurité par plus d'autorités, de polices, de répression est une mer sans fond, comme mettre un plâtre sur une jambe de bois. Nos élites le savent, mais c'est tellement plus facile et plus visible en période électorale qu'on fonce tête baissée dans un débat stérile et dangereux dont personne ne sortira vainqueur, et certainement pas la population. Mais la nature humaine est ainsi faite. 


Pour réduire l'insécurité, il faut mettre les moyens là où il y en a besoin : l'éducation est la priorité des priorités. Il vaudrait mieux ouvrir des classes avec moins d'élèves pour permettre une meilleure instruction que d'embaucher des policiers ou des gardiens de prisons. Il faut dire que des enfants moins bien scolarisés peuvent finir d'un côté ou de l'autre des barreaux, et plus rarement instituteurs ou médecins. Après c'est un choix de société. "Celui qui ouvre une porte d'école, ferme une prison" a dit Victor Hugo, qui ajoute "Etre en prison pour un crime n'empêche pas de commencer un autre crime".
La théorie du ruissellement vantée par notre Président, représentant hors pair du libéralisme décomplexé, ne marche pas : les études le démontrent, mais rien n'y fait, on continue comme si de rien était, parce qu'on ne sait pas se remettre en cause, et parce qu'il ne faut pas déranger les tenants du système, surpuissants. Au salon de la technologie digitale de Los Angeles ces derniers jours, la "french touch" a montré sa capacité d'innovation dans le domaine des nouvelles technologies mais les développeurs français ne trouvent toujours pas les moyens dans leur pays pour créer leurs entreprises, pourtant créatrices de richesses importantes. La fuite des cerveaux n'est pas un leurre, les capitalistes américains savent saisir des opportunités que la bureaucratie, la technocratie et l'administration française ne savent pas retenir, ou pire, font tout pour éviter les succès. 


Le partage équilibré des richesses a eu son heure de gloire après la seconde guerre mondiale, même aux Etats-Unis où les revenus des plus fortunés étaient taxés jusqu'à 80 % : jamais ce pays n'a connu autant de prospérité qu'alors. Là est la solution, une meilleure répartition des gains est un gage de sécurité pour tous. La concentration des fortunes entre peu de personnes n'amène rien à la société, sauf de l'augmentation des tensions, de la violence qui suit la misère, de la terreur qui précède la révolution. 
La crise sanitaire a montré depuis deux ans l'abandon du système de santé au nom de la compétitivité, de la rentabilité. Depuis une trentaine d'année, et encore plus ces  derniers temps, la  politique s'est faite sur les bases comptables, uniquement, comme si tout n'était que bilan et budget. Mais  les chiffres ne sont que ce qu'on leur fait dire, et ils ne sont pas l'origine du monde. La physique quantique est beaucoup plus sérieuse pour comprendre et pour découvrir l'avenir du monde, les finances ne sont que de la création du mauvais génie de l'homme, de sa perversité, de son orgueil et de sa prétention qui mènent l'humanité à sa perte. Mais pourquoi pas, après tout, nous n'aurons que ce que nous méritons. 
La campagne électorale va officiellement bientôt commencer, avec des candidats plus ou moins sérieux oserai-je dire. Parce qu'à y regarder de près, je comprend l'envie d'une majorité d'électeurs à ne pas vouloir se rendre aux urnes. Il n'y a rien qui fasse rêver, pas de projet à long terme, pas de vision d'avenir. Rien, absolument rien ! 


Les candidats ou leurs porte-paroles ne sont pas très diserts sur leurs solutions pour améliorer le sort de la majorité des habitants de ce pays qui ne demandent pas grand chose en fait : qu'on les écoute, qu'on les entende, et qu'on arrête de les prendre pour des cons. Je sais, il y a beaucoup de cons et on n'y changera pas sans miracle. Remettre du bon sens, simplifier la vie administrative, donner les bonnes raisons des actes plutôt que des milliers de pages d'explications incompréhensives, arrêter les dérogations, les exemptions pour clarifier les textes. Réduire le nombre de postes dans la haute administration entraînerait automatiquement des économies d'échelles dans le fonctionnement de l'Etat, mais aucun  de ceux qui postulent ne l'envisagent, parce qu'il faut un certain courage pour s'attaquer à ce chantier de refondation plus que nécessaire, et il est plus facile de supprimer des postes dans les services de santé ou d'éducation pour faire de pseudo-économies, ou de transférer des tâches aux collectivités locales pour faire croire que les déficits sont causés par trop de fonctionnaires, mais il faudrait balayer devant la porte des ministères et des institutions pour commencer le ménage. 


Certains diront que je fais du populisme. Si ça les amuse. Je ne veux pas moins d'Etat, je ne suis pas contre les pouvoirs publics, j'assume la démocratie parlementaire. Mais quand la machine est déréglée, il faut bien la réparer avant qu'elle ne casse, car son remplacement ne serait pas forcément une bonne affaire. Mieux d'Etat, des pouvoirs publics au service des citoyens et non de l'administration, des parlementaires qui représentent des électeurs et non des partis : voilà ma vision de la chose. Utopique certainement, mais il faut garder son pouvoir de rêver. 

 

Samedi 1er janvier

 

Même s'il n'est pas bien d'être positif en ce début d'année comme le souligne le chat d'un dessinateur belge célèbre (en rapport avec les tests Covid pour ceux qui n'auraient pas compris) , la météo clémente et exceptionnelle de ce premier jour de 2022 est appréciable au milieu des nouvelles inquiétantes du monde qui nous entoure, à cause de la Covid notamment, mais pas que. 
Alors pour cette première prose, je ne vais pas faire part de mes analyses, de mes réflexions, de mes pensées sur l'actualité et les mouvements de sociétés du moment. Il restera bien du temps pour en parler. Je rentre de ma petite promenade matinale sous le doux soleil et cela aide à s'évader des tracas quotidien, en écoutant le relatif silence de la nature à peine troublé par un bruit de moteur car peu de circulation et des agriculteurs en pause permettent de savourer la plénitude temporaire qui décore le paysage sonore de ma campagne. 


Quelques messages de bonne année sont arrivées sur la messagerie du téléphone dont celui de ma plus fidèle lectrice de Boulogne, toujours aussi bienveillante et admiratrice de mon travail : du vrai bonheur à la lire ! D'autres sont plus traditionnels et moins personnels, certains font œuvre d'écriture recherchée avec cet espoir final d'amélioration tant attendu après deux années perdues. Il y en a de plus rapproché, de ceux qui me connaissent bien et qui en disent peu pour en sous entendre de pleine pages d'amitiés vécues au fil du temps.  Je ne suis pas fan de ces obligations traditionnelles, je préfère les moments imprévus, improvisés, inattendus qui apportent de la joie, des souvenirs marquants, mais je ne vais pas bouder mon plaisir de voir mon entourage penser à moi, avec ses doux mots de félicitations et d'encouragements, pour faire du pays de Giat un territoire d'appartenance bien identifié. Il reste encore tant à faire pour réunir par delà les mots, les informations, tous les gens qui l'habitent, qui en sont originaires pour créer l'unité rêvée qui rapproche, qui construit, qui va de l'avant pour ne pas l'abandonner.  


Soyons optimistes ! c'est déjà un pas pour avancer vers le bonheur. Laissons derrière nous les petits tracas insignifiants qui cassent le moral, parce que tant qu'on a la santé, un toit sur la tête et de quoi manger, de la famille et des amis, le reste n'étant que superflu, il n'y a pas de quoi s'en faire. Et c'est plus facile pour surmonter les épreuves, allons à l'essentiel. 


Bonne et heureuse année à tous, nous avons douze mois pour agir dans ce sens. 

 

Mercredi 29 décembre

 

Toujours sous la pression du coronavirus et de son dernier variant Omicron, nous allons changer d'année un peu comme l'an dernier, entre les restrictions et contraintes liées à la pandémie et la météo qui donne le ton à l'ambiance du moment. Il n'y aura pas de neige cette fois, mais de la douceur aux airs de printemps : le monde ne tourne plus rond décidément et à tout point de vue. 


2021 aura été moins pire que 2020 peut-être parce que la population s'habitue à moins d'excès auxquels elle pouvait penser prétendre avant. L'amorce d'un changement de civilisation est enclenchée , nul ne sait ce qu'il va donner. C'est certainement une des raisons de la morosité générale qui règne, de la nervosité inquiétante des décideurs et des pouvoirs, de la panique qui couve à tous les niveaux. Rien ne sert de se mettre martel en tête, c'est inexorable, autant prendre la chose du bon côté, car il va arriver un autre temps, différent. Il sera ce que nous en ferons, meilleur ou pas, nous avons une partie de la solution en nous, collectivement bien sûr. 


Cela peut aller vite, cela va aller vite. Les modifications écologiques, météorologiques, environnementales qui commencent à se voir  nous entraînent vers d'autres comportements plus subis que choisis. Pourtant, ceux qui ont les manettes, ou ceux qui les veulent, ne songent pas une seconde à changer le système, l'organisation de la société. Je l'écrivais il y a quelques jours, continuer à gérer le monde sur la base du PIB est une ineptie qui mène droit à la catastrophe. Le libéralisme tel qu'il est pratiqué depuis plusieurs siècles est fondée sur l'augmentation de richesse par la croissance, c'est à dire la production de biens. Celle-ci découle d'investisseurs qui ont financé l'exploitation des ressources naturelles à leur profit. Celui-ci permettant d'engager d'autres moyens pour produire des biens manufacturés et de créer le monde du travail dans lequel les ouvriers deviennent des éléments au même titre que les machines. Et ainsi de suite, la civilisation industrielle pensée par les occidentaux s'est imposée au monde, avec en parallèle, un système économique dont les conséquences sociales sont très diversifiées selon les continents, chacun devant son élévation sociale à la misère de l'autre. Tout en détruisant la planète,  inconsciemment au départ, mais sans encore rien changer ou si peu maintenant que la réalité est en face de nous, alors que le temps presse. 


A toute chose,  malheur est bon. Cette pandémie sera peut-être l'ultime alarme pour faire comprendre le besoin de revoir les bases de la gouvernance du monde, mais il faudra qu'elle dure encore un peu et qu'elle soit un peu plus violente pour que soient prises les bonnes décisions. Visiblement, c'est avec le couteau sous la gorge que les élites mondiales auront le courage de se remettre en question et de laisser la place, volontairement ou pas, pour d'autres : il y aura ceux qui veulent le pouvoir pour avoir le pouvoir, et il y aura ceux qui aimeraient sauver le monde. Une bataille est engagée. 
L'avenir nous dira qui va gagner, il va falloir choisir son camp.  Mais est-il besoin de plus de richesses, de productions pour être heureux ? ou seulement vivant ? 


Nous allons finir l'année avec l'espoir d'en commencer une autre qui sera plus belle, mais c'est une question de philosophie, laissons de côté ce qui nous contrarie, gardons ce qui nous fait grandir : la bonne compagnie, l'amitié, les choses simples, le bon air de la campagne, des histoires à raconter, des joyeux moments à passer. Les nœuds au cerveau ne servent à rien, carpe diem !  

 

Ne vous en faites pas ! tout va s'arranger, ça s'arrange toujours !

 

 

Lundi 20 décembre


Après un beau week-end ensoleillé au pays de Giat, au-dessus de 700 mètres, un beau marché de Noël et un bon moment passé avec la chorale de Prondines, je crois avoir fini mes écritures de l'année pour la presse, à deux ou trois articles près, selon l'actualité qui peut arriver mais ce ne sera pas du côté de la rubrique loisirs. La crise sanitaire perdure, et s'aggraverait presque. Le nouveau variant du coronavirus, Omicron, est ravageur dans la contamination, mais le vaccin en réduirait les conséquences les plus fortes si elles se présentent, à condition d'avoir encore les anticorps suffisants, avec un troisième rappel si nécessaire. 


Alors, le gouvernement serre un peu plus la vis, et propose une loi un peu plus restrictive pour enjoindre les personnes non encore vaccinées à franchir le pas. C'est de l'obligation déguisée reconnaît le ministre de la Santé qui ne cache pas son inquiétude sur  la saturation hospitalière que provoque l'augmentation des cas graves, majoritaires chez les non vaccinés. Ce sont des statistiques que contestent les anti-vaccins jusqu'auboutistes, parce qu'ils ne font pas confiance au pouvoir, parce qu'ils ont des certitudes compréhensibles au regard de leurs sources d'information, aussi farfelues qu'elles soient parfois. 


Ces citoyens-là évoquent la manipulation des puissants, des pseudo-complots surgis d'on ne sait où. C'est vrai que nous sommes manipulés, depuis toujours même. Les gouvernants n'ont pas d'autres choix  pour garder le pouvoir, mais dans nos démocraties, il existe des contre-pouvoirs qui permettent de démasquer les abus, les fausses informations, les dérives. C'est pourquoi, paradoxalement, les manipulations venant d'ailleurs peuvent s'exercer sur des esprits contestataires. Au final, qui peut être sûr de ne pas être manipulé ? C'est une lutte de pouvoirs qui se passe dans le monde, d'influence de systèmes politiques, d'intérêts divers et variés. Il ne faut faire confiance qu'à soi même. Mais pour cela, il ne faut pas s'astreindre à une seule source d'information, à une seule forme de pensée, il faut être curieux et réfléchir beaucoup. Cela demande du temps et un peu d'esprit. La liberté d'expression est une bonne chose, à condition de savoir s'en servir, en préservant la dignité, le respect, la liberté des autres. 
S'il est vrai que l'obligation de vacciner contre le covid est une atteinte à la liberté individuelle, on peut aussi penser qu'elle est un respect de la liberté collective qui permet au plus grand nombre de ne pas courir le risque des complications de la maladie, qui peut tuer. C'est vrai aussi que la vaccination n'a pas pour but d'éviter aux gens de mourir, mais seulement d'empêcher la saturation hospitalière, car celle-ci pourrait entraîner la chute du système médical en entier. Là est le véritable risque que font prendre les non vaccinés qui tombent malades et s'ils sont hospitalisés, ils prennent la place d'autres personnes qui doivent repousser des soins essentiels parfois. C'est l'effet domino : les reports d'opérations, de soins hospitaliers qui découlent de la saturation à cause des malades du Covid font prendre des risques de vie à beaucoup de monde.

Alors, la liberté individuelle sauvegardée a bon dos. Bien sûr, me rétorquera-t-on, sans ce vaccin, si rapidement créé et qui fait la fortune des laboratoires, (et là c'est déjà louche, parce qu'il n'y a pas le recul sur une méthode pourtant vieille de plusieurs décennies), nous resterions libres. Mais à quel prix ? Ce ne serait pas du quoi qu'il en coûte, mais du combien reste-t-il d'habitants ? Eric Zemmour a beau dire que la peste a tuer des millions de personnes et que le monde s'en est relevé, et donc, la passade actuelle n'est qu'une péripétie, et les quelques morts de la pandémie peuvent être sacrifiés sur l'autel des libertés individuelles soi-disant menacées par les pouvoirs en place.  Pour quelqu'un qui veut restreindre les droits des femmes, les libertés de la presse, et réécrire l'histoire, ça peut faire sourire si ce n'était pas autant dangereux. Sans le vaccin, nous serions peut-être encore confinés, ou guéris, ou morts. Mais le monde aurait certainement changé, nos candidats à la présidentielle ne seraient peut-être plus là, et leurs électeurs beaucoup moins nombreux. 


On ne saura jamais comment cela aurait pu finir sans vaccin, ce n'est pas la peine de tergiverser sur la raison de son utilité ou pas, c'est trop tard. Alors, pour les pseudo démocrates soucieux de la souveraineté populaire qui va dans leur sens, il est bon de faire remarquer que les vaccinés sont la majorité, et qu'ils ont donc la légitimité d'imposer leur choix....Parce que chez nous, si la rue ne commande pas, ailleurs non plus, mais force est de constater que les méthodes pour promouvoir la vaccination, aussi tordues soient-elles, n'ont pas été mauvaises et que les convictions n'ont pas été assénées avec un flingue sur la tempe...La liberté a été respectée par et pour la collectivité. Et chacun garde encore le choix de son destin, en principe. 

 

Vendredi 10 décembre

 

Il neige encore aujourd'hui, l'offensive hivernale s'attarde sur les hauteurs de la Combraille. L'épidémie du Covid-19 et sa nouvelle vague réduit les activités festives, les banquets des prochains week-end sont annulés. Alors, on reste à la maison, au chaud et l'écriture reste une occupation saine pour la tête. La vie est calme dans la campagne, et il vaut mieux ne pas regarder la télévision, entre les chaînes infos qui sont anxiogènes à vomir les mauvaises nouvelles et les sempiternels téléfilms de Noël, qui dégoulinent de niaiseries. Heureusement, il reste quelques bons films et autres émissions supportables, voire intéressantes. Tout n'est pas foutu !

 

Mon précédent éditorial a fait réagir dans le pays, plusieurs lecteurs semblent apprécier mes réflexions qui refusent comme moi la décrépitude morale de l'époque mais qui regardent plutôt devant pour chercher un avenir meilleur que courir derrière des idées aussi vieilles que nauséabondes, dangereuses, violentes.

 

Je vais en rajouter un peu, j'ai le temps, sur mes impressions du moment. Deux rapports viennent de sortir, des rapports réalisés par des personnes qui ont bossées, des personnes de renommée mondiale dans leur spécialité, des personnes qui ne roulent pas pour les pouvoirs. Elles établissent des bilans factuels, elles donnent des images réalistes de la situation. Et pourtant, leur travail ne servira pas à corriger les erreurs, les mauvaises directions parce que les décideurs sont formatés pour ne pas changer d'avis. 

 

Le rapport sur les inégalités dans le monde, rédigé par cinq économistes brillants, montre un bilan du libéralisme économique sur les 40 dernières années bien confondant. Les tenants du système vantent encore la théorie du ruissellement pour expliquer la nécessité de réduire les charges fiscales et sociales sur les entreprises : au bout du compte, les milliardaires sont plus nombreux et plus riches, possédant la majeure partie du patrimoine mondial. Les auteurs parlent de fortune multipliée jusqu'à plus de cent fois dans les dernières décennies. Pendant ce temps, le nombre de pauvres augmente aussi, et la misère est inversement proportionnelle aux richesses de la minorité possédante. Les économistes constatent que les inégalités ont moins crues en Europe où les prestations sociales amortissent les effets du libéralisme. Ceci étant dit, on voit que des candidats  à la présidentielle ayant des chances d'y accéder ou d'y rester, ne modifient pas leur volonté de réduire les impôts et autres charges sociales pour booster l'économie créatrice de richesses ! D'après ce rapport, ça ne marche pas. Au contraire : la croissance était meilleure aux États-Unis quand il y avait des taux d'impositions de plus de 90 % dans les tranches supérieures et il y avait moins d'inégalités. On peut donc penser qu'il faudrait imaginer autre chose pour faire avancer la société dans le bon sens. Les plus riches doivent abonder au pot commun en proportion de leur fortune, il leur restera bien de quoi vivre dans l'opulence, et ça aiderait bien la majorité de la population. Parce que l’État doit investir, et soutenir l'investissement, mais pas n'importe comment. L’Éducation et la Recherche, la Santé et l'Agriculture doivent avoir les moyens, de gros moyens, pour relever les défis qui se présentent. Mais on n'en parle pas assez dans les programmes, la sécurité et l'immigration sont à la une mais ce n'est pas là que se trouvent les problèmes du quotidien des français.

 

On va augmenter les salaires, diminuer les impôts, équilibrer l'assistanat, pour remettre les comptes de la Nation dans le vert. Mon œil !  Cela favorisera les favorisés et point barre. Ça ne fera pas venir des médecins à la campagne,  ça ne résoudra pas les problèmes de la scolarité dans les zones fragiles, ça ne donnera pas du travail à ceux qui ne sont pas formés, ça continuera à aider la paupérisation des travailleurs pauvres. Pire, même : l'augmentation des revenus des moins riches servira à compenser un peu les augmentations des dépenses contraintes (logement, énergie, protection sociale). Parce qu'en diminuant les prélèvements sociaux qui financent la sécurité sociale notamment, on baisse l'accès aux soins, les montants de retraite, et pour la fiscalité, c'est la réduction assurée des missions de services publics auxquels on peut prétendre. Les organismes privés prendront le relais, mais la solidarité nationale n'y sera plus, et ce sera plus cher, quoiqu'on en dise. 

 

Étudions bien les programmes électoraux, mais ne soyons pas dupes, qui que nous soyons, nous ne trouverons pas de quoi rêver, et si peu d'espoir en l'avenir dans des promesses d'un autre temps, car les personnels politiques manquent cruellement d'imagination. 

 

Vendredi 3 décembre 2021


L'étrangeté des choses réserve toujours des surprises. Alors que je suis par mes fonctions une personne très présente dans des lieux fréquentés, c'est à mon domicile que j'ai été désigné cas contact du covid suite à visite qui n'aurait pas eu lieu si je n'étais engagé bénévolement dans l'activité culturelle locale. Comme quoi, le risque est partout, surtout là où on ne l'attend pas. Enfin, il n'y a pas tant de risque que ça, le test est négatif en ce qui me concerne, mais il faut rester prudent. Rien de grave, dormez tranquille braves gens !


Revenons donc à ce qui fait l'intérêt de ces écrits réguliers qui semblent être appréciés par ceux qui me le disent, peut-être moins par d'autres, et c'est normal : la pluralité et la diversité enrichissent l'esprit, à condition de penser que la liberté d'expression ne se limite pas à celle qui domine.

 
Ces dernières semaines, et encore mieux ces derniers jours, l'actualité est centrée sur l'élection présidentielle de l'année prochaine, et particulièrement sur l'annonce extravagante de celle d'Eric Zemmour, grand défenseur d'une idéologie fantasmée de ce que devrait être la France, et du score d'Eric Ciotti, très affirmé à droite de la droite, à la primaire du parti des Républicains. Ces deux hommes sont très proches dans leurs pensées et se targuent de vouloir sauver la France, ce pays en déclin dont le peuple risquerait d'être remplacé par des envahisseurs qui détruiraient des millénaires de civilisation chrétienne. Mais où vont-ils chercher toutes ces inepties ? Ils reprennent un discours vieux de deux siècles, écrit par des nostalgiques de l'ancien régime dont l'éviction du pouvoir n'a jamais été accepté, au nom d'une légitimité divine qui les arrangeait bien. 


Zemmour et Ciotti, et quelques autres, sont leurs héritiers. Ils pensent grandeur de la France d'une certaine façon : chrétienne et blanche assurément, dominant le monde. Chose qui a très peu existé tout au long de l'histoire du pays. Bien sûr, les étrangers des autres continents sont arrivés depuis le 19ème siècle pour mettre un peu de couleur : un effet de la colonisation, de la domination des pays occidentaux sur des régions entières du monde, exploitées, pillées pour enrichir les puissants, appuyés par une église peu regardante sur ses principes et ses préceptes. Faites ce que je dis, pas ce que je fait ! La France, fille aînée de l'Eglise, et ses gouvernants royaux, ne se sont pas gênés pour mettre au pas les populations qui rechignaient à les suivre religieusement : l'histoire est riche de massacres, de persécutions, d'émigrations forcées de bons chrétiens qui ne partageaient pas la doctrine catholique. Mettre à genou les peuples au nom d'un quelconque Dieu ne me semble pas correspondre à l'amour du prochain que proclame les Evangiles.  


S'il y a de l'immigration dans notre pays, ce n'est pas toute la faute à ceux qui viennent chercher asile ou meilleure vie chez nous. Mais c'est plus facile de taper sur ces pauvres hères que de régler les problèmes, de les repousser, les renvoyer, les humilier  que de les accueillir humainement, de leur faire porter les problèmes de la société que de prendre des mesures qui les règleraient. La France est en déclin. Mais de quoi parle-t-on ? Jamais le pays n'a eu autant de richesses, encore faut-il mieux les partager. Le pays régresse dans les pseudo-classements économiques basés sur le fameux PIB (la richesse produite), pourtant le PIB augmente, mais il augmente plus en Chine par exemple, et parce que nos capitalistes, nos financiers l'ont bien voulu. Ceux-là même dont Zemmour et Ciotti sont les porte-paroles de leur libéralité économique. 


A ce niveau, il faut se rappeler que se sont des dirigeants blancs et chrétiens, pur français, qui ont favorisé l'immigration nord-africaine dans les années 1960 pour avoir de la main d'œuvre bon marché pour faire tourner les usines, et quand le coût du travail est devenu trop cher, ils ont délocalisé à marche forcée pour garantir leur revenus. Ce qui  a permis aussi la progression du pouvoir d'achat des ménages grâce à la baisse des prix des produits de consommation courante. Alors, aujourd'hui, on voudrait nous faire croire dans la relocalisation de l'industrie pour faire du Made in France, créer des emplois pour les français de souche, baisser les impôts et les charges pour améliorer la compétitivité, mais ils oublient de préciser qu'il faudrait travailler plus et plus longtemps, parfois être payé moins, renoncer à des acquis sociaux  et à la couverture sociale. Quand les salariés seront au niveau du droit social chinois, car c'est de cela qu'il s'agit, la France sortira du déclin, ce sera un grand pays. Mais les français dans tout ça ? Ils émigreront peut-être vers d'autres cieux ...


Parce que ce ne sera pas tout. Si le pouvoir est entre les mains de gens autoritaires, des lois d'exception pourraient être votées pour changer la constitution d'abord, et remettre en cause les principes de liberté dont ils se gargarisent en étant dans l'opposition, mais qu'ils brideront une fois au pouvoir. Ne soyons pas dupes ! Quand on écoute les journalistes de CNews donner des leçons de pluralisme et d'objectivité à leurs confrères qui n'abondent pas dans le sens des idées de leur patron et de son porte parole Zemmour,  c'est renversant de démagogie, de mépris. Mais c'est une idée de ce qui pourrait arriver. 
Un tiers des français sont d'accord pour avoir plus d'autorité dans le pays, à condition que ça concerne ceux qu'ils n'aiment pas. Mais il faut faire attention, il y a des effets collatéraux parfois, des retours de bâtons inattendus. On sait ce qu'on a, mais mieux peut être pire des fois. 
Certes, nous n'en sommes pas là, mais on s'en rapproche, faute d'aller voter, faute de s'engager, faute de prendre soin des autres, de faire société. Le chacun pour soi n'a jamais été la solution. Se barricader, s'enfermer, construire des murs entraîne tôt ou tard la régression, la dégénérescence. L'humanité n'a pas de frontière, nous sommes sur la même planète et elle est fragile. 


Rien n'est dû au hasard, l'histoire n'est qu'un enchaînement de situations qui se succèdent, qui vont et qui viennent, tournantes et répétitives : un éternel recommencement, parce que l'Homme est incapable de tirer profit de ses erreurs. 
Je suis content de vivre dans la France d'aujourd'hui, il y a des choses à changer mais sa grandeur n'a rien à faire dans cette histoire : je crois être plus heureux dans ce pays en déclin que si j'étais citoyen surveillé de la république populaire de Chine, une grande puissance. Mais après chacun voit midi à sa porte.

 

Dimanche 28 novembre


Le général Hiver a entamé une offensive depuis hier, et il faut dire que l'attaque est autant brutale que rude. Mais on en a vu d'autres. Enfin, pas tous, parce que les réclamations des ronchons sur le déneigement sont toujours aussi pénibles. Les "y a qu'a faut qu'on" sont en première ligne, surtout ceux que ça ne dérangerait pas s'ils ne choisissaient le jour où la circulation est difficile pour sortir parce que c'est aujourd'hui et pas un autre quand j'aurais le temps (à prendre dans les deux sens, moment et météo).

Certes, l'organisation du déneigement du réseau routier n'est certainement pas optimal, les services techniques du département subissent les contraintes budgétaires et comptables comme celles sociales et syndicales. Au final, moins de moyens parce que le toujours plus des usagers comme des agents a dégradé le service qui marchait bien autrefois, quand il y avait plus de neige et plus longtemps. Et comme les comptables ont le pouvoir que n'ont plus les gens de terrain, tout va à vau l'eau. 


On en arrive que les chemins communaux soient bien dégagés, circulables alors que les routes départementales sur lesquelles ils débouchent soient impraticables, parce que le chasse-neige ne passant pas de bonne heure, les passages de véhicules entraînent des tassements, des réductions de chaussées, des zones glissantes sur la route devenue dangereuse. Les ingénieurs et autres techniciens de la chose, soumis aux diktats de leurs homologues de l'économie, ont donc défini des priorités d'intervention, excluant en même temps des temps d'intervention supplémentaires trop coûteux en salaires. Ainsi, la mise au noir des grands axes prime sur le désenclavement neigeux des routes secondaires ravalées au rang de tertiaires pour beaucoup d'entre elles. Une vision urbaine de la situation, bien en phase avec les mentalités technocratiques qui ne voient qu'au travers des métropoles.
C'est pourquoi on a été obligé de voter une loi "montagne" obligeant les équipements spéciaux sur les automobiles, parce que le problème concerne des urbains des plaines qui sortent pour les sports d'hiver : jamais un montagnard n'est resté bloqué sur une route enneigé, même sans loi ! La vie derrière les écrans, en mode virtuel, est celle que privilégie la Haute administration et autres instances influentes du pouvoir. Nous, ruraux éloignés des villes, sommes donc condamnés à subir les élucubrations de ces gens-là, parce que nos représentants ne se battent pas assez contre cela, parce que nous le voulons bien en acceptant sans trop rechigner. On s'adapte mieux à la connerie qu'à lutter contre elle !


Samedi, j'ai passé une belle journée. Une cérémonie  mettait à l'honneur de l'assemblée nationale les anciens maires de la communauté de communes ayant rendu leur écharpe en 2020 : l'engagement de ces femmes et de ces hommes mériterait mieux qu'une médaille, qu'ils acceptent bien volontiers, mais la récompense ne vaut pas celle que leurs concitoyens devrait leur donner sous forme de reconnaissance un peu plus marquée que les critiques faciles à faire.

Un repas des aînés dans une petite commune reste toujours un moment riche de solidarité et de convivialité, certaines y arrive mieux que d'autres, et l'ambiance de ces banquets vaut plus qu'une messe d'action de grâce pour trouver du bonheur.

Les effets de la neige tombée toute la journée ont freiné l'ardeur des pêcheurs pour une réunion importante, leur priorité se passe au bord de l'eau même si les formalités sont essentielles pour qu'ils puissent encore avoir droit à la parole pour garder lune part de la maîtrise de leur environnement qui les passionne.

 

Mais c'est ainsi, le plaisir sans les efforts n'est qu'une revendication de plus dans le monde du chacun pour soi. Tant qu'on restera dans cette option, le monde ne progressera pas. 

 

Vendredi 19 novembre


Après une semaine intensive, il est temps de prendre le temps d'une page d'écriture pour revenir sur l'air du temps, qui sera beau ce week-end après une période humide et grise, comme une météo de novembre en somme. 


Si la tranquillité du pays de Giat ne reflète pas la situation générale du monde, il n'en est pas pour autant coupé puisque le covid est aussi revenu chez nous. Cette cinquième vague, drôle d'appellation pour une épidémie virale somme toute normale,  frappe l'Europe de plein fouet, faisant remonter les taux d'infection, d'hospitalisation et de réanimation à des niveaux inquiétants. Heureusement, la vaccination a son effet sur les deux derniers et la saturation hospitalière est pour l'instant évitée. Tant mieux, parce que ce serait pire qu'au début avec la désaffection de personnels et l'absence de ceux qui refusent la vaccination. L'hôpital va mal, ce n'est pas une nouvelle, l'alarme a sonnée depuis au moins une décennie. Les calculs comptables des hauts fonctionnaires font leur effet. La diminution des budgets au nom d'une relative réduction de la dépense publique mise en avant tel un dogme gravé dans le marbre a été pour le moins un exercice périlleux. Pire, même, parce que pour en arriver là, on a créer des emplois administratifs supplémentaires pour "bien gérer",  un coût hors santé improductif et contre nature. Mais vu de Bercy, seuls les petits boulots doivent être sacrifiés parce que trop nombreux, peu importe leur utilité. Par contre, les cadres de la fonction publique, et particulièrement ceux qui émettent ces idées de gestion, n'ont pas à craindre pour leur avenir doré. Je n'en dirais pas plus, on m'accuserait de populisme parce qu'il y a des choses qu'il ne faut pas dire. 


Il y a des réalités, mais de là à les transformer en phénomènes de société, il y a une marge. Par exemple, c'est à la mode, l'immigration. Tous les jours, une partie des potentiels candidats à la présidence de la République nous bassinent avec le danger de l'étranger. Un danger qui n'existe pas, mais c'est plus facile d'aller dans le sens d'un ressenti populaire bien instrumentalisé que de proposer de vraies solutions à l'avenir de l'humanité qui elle est en danger. Se fermer derrière des murs n'empêchera pas le dérèglement climatique qui va causer d'autres migrations dont on ne connaît pas l'ampleur. Les forteresses ne restent jamais imprenables,  ou alors leurs occupants finissent par disparaître en s'entretuant, en mourant de faim, en capitulant. Si on regarde objectivement les chiffres,  la part de la population immigrée dans le total reste stable depuis des décennies, autour de 13 %. Le nombre d'entrées est relativement faible par rapport à d'autres époques où on n'en parlait pas : les années 60 après la guerre d'Algérie, les années 80 avec les boat-people d'Asie par exemple. Les travailleurs d'Afrique du Nord n'étaient pas refoulés quand l'industrie cherchait de la main d'œuvre corvéable et peu chère, plutôt que de se moderniser. On a vu la suite : les délocalisations ! La population vieillit. A l'horizon 2030, l'Europe aura perdu 50 millions de salariés, devenus des retraités : qui va les remplacer pour assurer la solidarité intergénérationnelle ? Fermons les frontières, on court à la catastrophe économique au minimum. Mais on restera entre nous, misérablement. De tout temps, les populations se sont mêlées. Les frontières ne sont devenues infranchissables qu'au 19ème siècle, le passeport actuel est une invention récente. Avant il était d'abord un document nécessaire à la mobilité à l'intérieur du pays, mais on allait et venait hors des frontières nationales très facilement. 


La semaine dernière, le Président de la République a causé pour ne pas dire grand chose de neuf : il reste figé dans ses convictions passéistes, incapable de proposer une vision à très long terme pour le pays. Il a beau expliquer que seul le travail soit fondamental pour sauver l'économie, il oublie de dire que tout travail mérite salaire proportionné et valorisé plus que des dividendes exorbitants pour les investisseurs. Tant que le PIB restera la base de la gouvernance mondiale, malgré la confirmation que ce taux soit la cause de tous les malheurs à venir, on ne s'en sortira pas. Je me répète un peu, mais il est temps de changer les paradigmes économiques et sociaux en vigueur. Plus facile à dire qu'à faire, j'avoue. Mais ceux qui promettent des lendemains qui chantent sans changer les solutions proposées  depuis des décennies et qui  sont des échecs répétitifs devraient y penser. Le monde changera de toute façon, de gré ou de force. 


L'épidémie en cours soulève quelques inquiétudes sur la saison festive qui arrive, mais il faut garder espoir et se rendre compte qu'après la pluie le beau temps. Profitons des jours heureux quand ils sont là, savourons l'existence agréable d'avoir un toit sur la tête, un peu de confort, et des assiettes pleines. Et si on a la santé, tout va bien, le reste n'est que du superflu. La vie est belle, il faut savoir raison gardée. 

 

Lundi 8 novembre


Dimanche soir, sur Arte, j'ai regardé "Apocalypse now" le chef d'oeuvre cinématographique de Francis Ford Coppola qui donne une vision moderne de la guerre du Viet-Nam, réaliste des horreurs comme des traumatismes psychologiques de part et d'autres des belligérants.  Dans l'ambiance lourde de notre époque, je n'ai pu m'empêcher de faire un rapprochement du titre avec ce que nous vivons actuellement. L'apocalypse ne semble pas impossible quant on observe le monde comme il ne va pas. Du plus petit coin de paradis en souffrance, comme les îles dans le Pacifique,  au bord de l'engloutissement sous la mer qui monte inexorablement, au  espaces déchirés par la guerre et les conflits dont on ne connaît même plus les origines ou les intérêts, le monde part à vau l'eau. 


Le spationaute français Thomas Pesquet revient sur Terre ce soir, après plusieurs mois passés dans la station orbitale dans l'espace : il trouvera une situation dégradée depuis son départ. Que ce soit, ce qu'il a pu observé, l'impact du réchauffement climatique, des catastrophes naturelles et humaines, ou des tensions toujours plus fortes entre les puissances, ou encore une économie déréglée comme jamais, ou bien des velléités personnelles exacerbées à tous les niveaux, sans oublier les néfastes débats sociétaux engagés par les pourfendeurs d'autorités, de libertés, d'humanités toujours plus prompts à allumer des feux, à attiser la violence plutôt que vouloir la paix. Ils crient forts et sont écoutés par des pauvres bougres comme par des personnes riches et intelligentes : chacun y trouve son intérêt personnel sans se soucier de l'intérêt collectif, oubliant l'effet boomerang qui ne manquera pas d'arriver, il arrive toujours. L'Histoire est riche de ses mouvements d'opinion qui ont déclenché des guerres, causés des millions de morts, créés de la misère toujours plus forte là où elle est déjà. Bien sûr, après un temps, il y en a un autre. C'est de que nous sommes en train de vivre, mais si on pouvait pour une fois éviter l'étape de l'effondrement, ça ne serait pas plus mal. Il faut démolir pour reconstruire, certes, mais il ya la manière de le faire. 


L'épidémie de covid repart, malgré la vaccination mais il faut constater en toute objectivité, ce que contesterons les anti-tout, que les hospitalisations stagnent, tout comme les réanimations et les décès ne progressent pas. Et c'est tant mieux, parce que le système de santé n'y survivrait pas, le personnel encore sur pied n'est pas remis des périodes de tensions précédentes, et le remplacement de ceux qui sont partis, par dépit, déprime, et démotivation, n'est pas assuré. Le quoi qu'il en coûte a des limites au monde de la finance, les besoins sociétaux ne sont pas trop concernés alors qu'ils sont essentiels. Mais cela a beau être évident, rien n'y fait. Les pensées n'évoluent pas dans ce sens, les gouvernants restent dans leur bulle, qui risque d'éclater sous les coups de boutoir de citoyens impatients, influencés, agacés. 


Les temps sont relativement durs, dirons-nous parce que ça n'est pas encore le fond du trou : il y a des endroits sur la planète où vivre est un combat de chaque instant, rien que pour se nourrir ou sauver sa peau. Au pays de Giat, on ne peut pas trop se plaindre, c'est moins facile qu'à d'autres époques, surtout celles de la jeunesse. Il ya des malades, mais il y a encore des soins et des médicaments. Il ya des problèmes d'énergie, mais il existe des aides, des solutions pour les déplacements impératifs, pour avoir un peu de chaleur, pour obtenir un peu de nourriture. Je reconnais que ça pourrait être mieux avec une meilleur volonté de répartir les richesses, mais ce n'est pas au programme immédiat. Sachons raison gardée, il faut revendiquer, mais balayer devant sa porte avant et la solidarité n'est pas une valeur pour les autres, elle commence chez soi. 

 

Mercredi 27 octobre 2021


Drôle d'époque. J'avoue ne plus savoir quoi penser, il manque dans l'air ce brin d'insouciance qui rend la vie plus harmonieuse, plus facile, plus détendue. Les bonnes nouvelles existent mais on n'en parle pas, le monde est focalisé sur les catastrophes, les pensées tristes, les vociférations des apprentis dictateurs, les plaintes des pas trop pauvres, etc... Comment ne pas déprimer dans ce monde de fou ? 


Les tensions sur l'énergie coulent sur le reste de l'économie : les prix flambent à la hauteur de pénuries bien entretenues, de spéculations et de marchandages bien calculées : tout le monde n'y perd pas, des états comme des capitalistes y trouvent leurs comptes. Mais les petites gens sont touchées de plein fouet, elles sont déjà bien affaiblies par les dérégulations des marchés, laissées au libre arbitre de financiers qui s'entendent comme larrons en foire. Les pouvoirs politiques devraient agir, mais l'impuissance dont ils font preuve dans la gouvernance du monde démontrent un manque de courage évident, une lâcheté incommensurable face aux défis à relever dans les prochains mois. Parce que nous en sommes là, au pied du mur ! Dieu sait que c'était prévisible, l'alarme sonne depuis des décennies. Depuis douze ans que j'écris ces éditoriaux, je le dis aussi. Combien de fois n'ai-je pas évoqué ce mur qui se rapprochait ? Souvent, je tente de faire réfléchir les lecteurs sur ce besoin de faire ensemble, d'être collectivement acteur de notre avenir. En vain. Le chacun pour soi ne sauvera personne, mais beaucoup préfèrent disparaître dans leur solitude dorée que vivre dans une communauté chaleureuse. C'est bien de pleurer sur le déclin de nos campagnes, mais ça ne fait pas avancer les solutions. Je le rappelle, les miracles ont des pouvoirs très limités, et il ne sert à rien d'attendre un sauveur, l'avenir est entre les mains de ceux qui vivent ici. Mais il faut se bouger. 


Il y a deux jours, j'écoutais une chronique sur une radio matinale : il était question des idées avancées pour la campagne des présidentielles et l'animateur évoquait ce retour vers le passé très en vogue chez les postulants à la candidature, axés sur le "c'était mieux avant". Je ne vais pas revenir sur mes écrits d'il y a quelques jours où j'expliquais la même chose, mais je me dis que je ne suis pas le seul à penser comme ça , et ça rassure un peu. La démagogie a de beaux jours devant elle, mais elle ne résout pas les problèmes. Pire, elle en crée de nouveaux. Les promesses d'augmentation des salaires et des pensions, les solutions faciles de réduire le chômage, la course aux renforcement de la sécurité, la lutte contre l'invasion des étrangers par leur exclusion, ne sont que des recettes qui ne marchent pas : elles ont été testées tout au long de notre histoire, sans succès objectif, mais si on réécrit l'Histoire on peut tout faire croire aux incrédules qui n'attendent que ça. 

 

Bien sûr qu'il faut rééquilibrer les choses, réduire les écarts des revenus pour que les travailleurs essentiels soient aussi bien payés que les serre-à-rien de la société bien placés dans les hautes sphères et qui savent influencer ; bien sûr qu'il faut réformer le système de retraite  sans pour autant sacrifier les travailleurs aux tâches pénibles , mal payés et usés par des années de dur labeur ; bien sûr qu'il faut réduire le chômage en changeant non pas les modes d'indemnités mais en favorisant les embauches, en valorisant le travail non délocalisable, en reconnaissant ces petites professions invisibles mais indispensables ; bien sûr qu' il faut plus de sécurité et de justice, mais avec des moyens humains plus qu'avec de la surveillance digitale sujette à des risques sur les libertés individuelles plus dangereuses que le vaccin anti-covid ; bien sûr qu'il faut mieux intégrer les émigrés, ils sont plus une chance pour le pays qu'un risque de remplacement comme le dénoncent ceux qui ne sont pas plus français qu'une grande partie de nos citoyens : rares sont les descendants des gaulois qui  n'ont pas de gènes d'ailleurs . Mais tant qu'on ne sera pas capable de faire un consensus fort pour que les moins extrêmes gouvernent ensemble et dans le seul sens qui reste à suivre, on va encore s'amuser un peu de nos divisions, mais il y aura une facture à payer au bout...


Et bien oui, moi aussi, je sombre dans l'ambiance noire du moment, je me mets au diapason. Ça ne devrait pas durer, ce n'est pas mon tempérament, parce que je crois que ça va s'arranger : après la pluie, le beau temps. Et il fait beau aujourd'hui, c'est ça de pris. 

 

Mercredi 20 octobre 2021


Le beau temps tire sa révérence aujourd'hui, l'automne est bien là, "ça sent la Toussaint" diront certains comme une évidence. Les amateurs de champignons sont satisfaits, la saison aura été bonne une fois encore. Les paysans ont labouré et semé le blé d'hiver, alors que les ensilages de maïs étaient à peine terminés. Cette année, la récolte a été belle, l'été pluvieux a permis une bonne croissance de cette plante qui aime l'eau autant que le soleil. Et pendant ce temps, les restrictions de mouvement liés à la crise sanitaire s'allègent un peu, mais il faut être prudent : des cas de Covid sont signalés sur notre territoire, très peu nombreux, mais il ne faut pas grand chose pour redémarrer une épidémie. Le centre de vaccination a commencé les troisièmes injections pour les personnes concernées, alors qu'il reste des personnes toujours réfractaires à la piqûre, contraintes désormais de payer les tests de leur poche. 

 

Cette discrimination, comme est qualifiée cette mesure par ceux qui sont obligés d'y avoir recours parce qu'ils refusent la vaccination, est une forme de pression pour les enjoindre à se faire vacciner. Ni plus, ni moins. Soyons justes, mais est-il normal que ceux qui ont suivi les règles, et participé à la limitation de la pandémie, soient contributeurs de tous les frais occasionnés par ceux qui refusent de suivre les injonctions du gouvernement et du parlement ? C'est une question qui mérite débat, comme tant d'autres, et qui ne peut déboucher que sur des réponses sans nuances, chacun restant sur ses positions, radicalement. Nous ne sommes pas prêts pour l'unité de la nation ! L'avantage de la liberté de vivre dans une démocratie, et de pouvoir le dire. Ce n'est pas dans les pays autoritaires que cela pourrait se passer, mais il paraît que nous vivons dans une dictature, selon les commentaires lus sur les réseaux sociaux. J'espère que ce type de dictature va durer. 

 

A côté de ces libertés soi-disant bafouées, une autre semble bien plus probable : se déplacer risque d'être compliqué dans les prochaines semaines, par manque de moyens pour acheter le carburant. Le marché libre a quelques inconvénients sur la liberté du consommateur. Les prix de l'énergie flambent comme jamais, avec des braises qui pourraient enflammer des mouvements sociaux inquiétants, mais peut-être salvateurs pour enfin renverser la table de lois et principes économiques  inadaptés à l'évolution du monde. Là est le cœur de la révolution à venir,  pour faire face aux défis écologiques, environnementaux et sociétaux. Nous changeons de civilisation, nous devons le faire vite, mais les réticences sont fortes : trop d'intérêts et de profits sont en jeu pour changer la règle, et le manque d'imagination de ceux qui sont aux manettes n'aide pas à passer un cap qui se rapproche inexorablement. On le voit bien avec le début de la campagne des élections présidentielles : tous les candidats à la candidature ont la nostalgie d'un temps meilleur, argumentant sur des promesses idéalistes d'un autre âge, jamais tenues, souvent échouées quand elles ont été appliquées.  Des extrêmes aux pensées nauséabondes limitées au repli sur soi, au rejet des autres aux pseudo progressistes qui réfléchissent comme dans les années 1970, en passant par les utopistes de tout bord, tous sont incapables de proposer un avenir commun, un projet de société à long terme. Aucun visionnaire dans le tas pour penser un autre monde, puisque celui-ci est fini, après avoir épuisé la Terre de ses ressources. 

 

C'est pourquoi l'avenir est intéressant : plein de challenges, de défis vont être à relever. Les jeunes générations vont avoir à faire. Ne doutons pas d'elles, leur enthousiasme viendra à bout du désespoir de leurs aînés, si peu enclins à changer. Nous avons la chance de vivre un changement de civilisation, ne gâchons pas notre plaisir. 

 

Dimanche 10 octobre 2021

 

Les activités redémarrent en ce début d'automne, on le voit, je le constate avec un accroissement des réunions, des assemblées générales en présenciel qui mettent en avant l'organisation de prochaines manifestations. Il semblerait que pour le moment, la crise sanitaire soit en train de régresser sérieusement, l'économie est en plein boom même si le rattrapage du temps perdu n'est pas encore effectif.  Avec la reprise de la croissance, on s'aperçoit des tensions sur les matières premières dont la forte demande crée une envolée des cours, signe d'une hausse des tarifs de l'énergie notamment qui grève les budgets des ménages les moins aisés. Une fois de plus, le rebond génère des profits pour ceux qui en ont le plus, sans répartition pour les plus petits. 


Alors, le gouvernement sort son chéquier et fait l'aumône aux moins favorisés, plus pour calmer la grogne et donner du temps avant les élections que pour réduire les inégalités sociales, il ne faut pas être dupe. D'un autre côté, le ministre de l'économie se gargarise de l'accord de 136 pays pour taxer à minima de 15 % les profits des multinationales : même si on peut croire que c'est une bonne nouvelle, il faudra voir si cela est bien appliqué et vers quelle solidarité vont aller les milliards récoltés. Car cela, en fin de compte, ne représente pas grand chose au regard de la dette, de la pauvreté, des moyens à mettre en place pour prévenir des changements à court terme en matière d'environnement.  Les dirigeants n'ont pas encore pris le tournant que la planète à amorcer, le nouveau monde se met en place sans demander leur avis. 

 

Cette semaine, les affaires de pédophilie dans l'église catholique de France ont été mises à la face du clergé avec un rapport sans concession sur les agissements de religieux et de laïcs depuis 1950 avec plus de 300.000 victimes recensées. Le scandale est énorme mais les responsables de l'église ne semblent pas encore en saisir la portée et ils auraient bien tort de croire que le temps va jouer en leur faveur. Avec l'aide de Dieu, il faudra prendre le taureau par les cornes et se remettre sérieusement en cause, déjà que l'affluence de l'église est sensiblement réduite, et que les paroissiens se font de moins en moins pratiquants, même croyants. Il est fini le temps de l'omerta de l'institution et de ses plus fidèles partisans qui ont préférer étouffer des crimes plutôt que de lutter contre. 

 

Dans ce monde merveilleux de lâcheté et de manque de courage universel, où l'individualisme est en force, la responsabilité collective n'est plus reconnue. Les erreurs de la société ne peuvent pas être ceux des citoyens, des consommateurs, des patients. Elles sont forcément dues à des dirigeants, des cadres, des boucs-émissaires qui n'ont rien fait que de regarder le train passé, en étant là au mauvais moment, à la mauvaise place. L'égoïsme généralisé est incommensurable dans nos pays occidentaux car si des problèmes apparaissent aujourd'hui, c'est parce que leur existence a été possible avec l'accord de tous, conscient ou pas, à un moment donné. Ce n'est pas tout de tirer sur l'ambulance, nous sommes dedans.

 

Le beau temps est là, les champignons aussi, c'est l'automne. On est bien quoiqu'il arrive, profitons. 
  

Dimanche 3 octobre

 

Un temps gris en même temps que l'annonce du décès de Bernard Tapie : ce dimanche automnal invite à rester au coin du feu plutôt que d'aller aux champignons, maintenant que les premiers cèpes sont apparus. 

 

La disparition attendue de l'ancien homme d'affaires, politicien et patron de l'Olympique de Marseille qui a gagné une coupe d'Europe selon des règles peut-être pas tout à fait respectables, fait la une des médias. Bernard Tapie a marqué son époque par son exubérance, son dynamisme, ses coups de poker menteur, son engagement toujours entier, trop certainement car en dérangeant l'intelligentsia politique et sportive, il s'est créé beaucoup d'inimitiés qui lui ont valu beaucoup de déboires. Il s'est battu jusqu'au bout pour faire valoir ses droits, sa fortune qu'il a perdu dans des jugements pas toujours très clairs. Il a gagné, il a perdu, mais il n'a jamais baissé les bras : à ce titre-là, on peut lui concéder la médaille du courage , même de la vérité, sa vérité certes, mais il n'a pas toujours eu tort. 

 

Alors que la planète n'en finit pas de panser ses plaies des catastrophes naturelles qui augmentent sans retenues, le monde n'a pas encore pris la pleine mesure des conséquences de son laisser-aller imperturbable malgré les annonces des experts de tout bord qui sonnent l'alarme dans le vide sidéral des pouvoirs politiques quasiment partout. La campagne pour les élections présidentielles, commencée par la volonté des médias toujours trop pressés d'arriver avant le temps qui s'écoule, met en exergue les élucubrations des apprentis candidats tournés vers la nostalgie d'un passé révolu, à la volonté de créer des violences supplémentaires en jetant de l'huile sur le feu, plutôt que de se préoccuper des problèmes réels de la société qu'il va falloir résoudre, de gré ou de force. Ce n'est pas en fermant les portes, en se cachant sous les draps, qu'ils n'arriveront pas tel un tsunami ou une avalanche. Refuser de voir les malheurs ailleurs ou en se croyant au-dessus des forces naturelles parce que la France serait un grand pays est une utopie certaine, qui nous envoie un peu plus fort dans le mur qui se rapproche incessamment. La France a été un grand pays, qui a éclairé le monde : les lumières se sont éteintes depuis bien longtemps, et d'autres nations ont bien prospéré, reléguant notre pays au rôle de petit pays riche de sa culture, de sa philosophie, de sa grandeur passée. Alors, il serait vain de s'accrocher aux rêves illuminés de bateleurs de foire, de chroniqueurs vociférant contre toute forme d'intelligence rationnelle, de déçus de tout bord incapables de proposer des idées qui tiennent la route, de père Noël de pacotille qui ne font plus rêver. Car c'est bien le rêve qui nous manque, celui qui nous fera avancer ensemble vers un monde meilleur, mais il n'y en a pas  en vu. 

 

Au pays de Giat, la vie semble reprendre un cours plus normal, des manifestations culturelles, sportives, associatives apparaissent dans le calendrier. Ce ne sera pas le monde d'avant la crise, mais il est rassurant de voir l'envie de retrouvailles, de vie sociale, de partage, de sortir de chez soi. Ca va s'arranger, mais ça va prendre du temps.   

 

22 septembre 2021

 

L'été est fini et le passage à l'automne se fait sous le soleil, c'est très agréable cette année parce qu'on a manqué de belles journées depuis trois mois. Cette bonne nouvelle va de paire avec l'amélioration de la situation sanitaire dans la région qui annonce des allègements dans les mesures prises pour limiter la propagation de la maladie. Au pays de Giat, la tranquillité est au programme, les manifestations ne sont pas encore en effusion, mais ça commence à frémir sérieusement pour retrouver une vie sociale active.

 
Dans l'actualité, la crise diplomatique entre la France et les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni, à cause d'une rupture de contrat indélicate pour une histoire de sous-marins occupe les rédactions autant que la prochaine élection présidentielle : des sujets qui ne sont pas la première préoccupation des citoyens auxquels les challengers à la présidentielle font miroiter un avenir différent, caressant dans le sens du poil, argumentant dans le sens du vent populiste et radical, sans se soucier réellement des vrais problèmes d quotidien. Certes, le matraquage facile sur les peurs de l'étranger, la généralisation d'une insécurité pourtant limitée à peu de territoires, même si c'est trop, la grandeur d'un pays qui n'est pourtant plus un géant, la nostalgie d'un temps où ce n'était pas pourtant mieux qu'aujourd'hui mais ça dépend ce qu'on regarde, et tant d'autres sujets de démagogie, d'idées courtes, mettent de côté les insuffisances de chacun d'entre eux, et en avant la médiocrité du débat. Celui qui gueule le plus est mieux entendu, et tant pis si ce sont des conneries ! parce qu'il s'en dit !  Et ça contribue à la division, aux radicalismes en tout genre, à la violence  qui s'égrène partout, parasitant même nos campagnes reculées. 

La rupture du  contrat de sous-marins qui n'allait profiter qu'un petit peu à l'économie nationale a causé quelques mouvements diplomatiques d'envergure, mais ça passera parce qu'il ne peut en être autrement, quoi qu'en dise les grands penseurs qui se revendiquent du gaullisme plus par opportunité que par idéologie. Les enjeux sont d'un autre niveau, l'hégémonie chinoise devient dangereuse, et les américains ne peuvent pas se permettre de regarder ailleurs , et pas vers la France certainement. Nous sommes un petit pays, et tant qu'il n'y aura pas de véritable puissance européenne, on ne peut pas lutter parce que nous n'en avons pas les moyens. 


Le vingtième anniversaire de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse met une fois  de plus en avant les risques industriels, quand l'argent reste le plus fort sur la vie des petites gens. Une éruption volcanique aux Canaries rappelle encore la force de la nature, et ajoute une catastrophe à la série de cette année, pourtant déjà riche d'épisodes périlleux pour les activités humaines et aussi inquiétants que les problèmes budgétaires des états dont il semblerait  qu'ils soient sans autre solution qu'une remise en question du système lui-même, mais ça c'est une autre histoire que personne ne veut engager. 

 

15 septembre 2021

 

La rentrée est passée, le cours normal de la vie reprend malgré les évènements et les circonstances qui troublent l'ordre souhaité. Aujourd'hui, l'obligation vaccinale pour aller travailler s'impose dans certaines professions, une mesure autoritaire censé participer à la lutte contre la pandémie. Dans les milieux de la santé, cela passe mal car il y a des personnels non vaccinés qui refusent toute injection de vaccin pour des raisons qui les regardent, parfois incompréhensibles du citoyen vertueux qui voit ici une opposition contre nature et qui peut causer des difficultés dans les parcours de soin au risque de ne pas soigner certaines personnes. Ce n'est pas de leur faute, puisque le pouvoir bafoue leurs libertés individuelles plus sacrées que les libertés collectives. Ambiance d'une époque où le chacun pour soi est la religion dominante. Le consommateur a pris la place du citoyen, avec ses exigences qui excluent les devoirs, ou même simplement l'intérêt pour les autres. 


On le voit bien avec les premiers discours de la campagne pour les présidentielles d'avril 2022 : à plus de deux cents jours de l'échéance, les candidats à la candidature se mesurent à coup de slogans, d'annonces plus racoleuses les unes que les autres, cherchant plus à draguer qu'à convaincre. Il est vrai que pour cela, les projets de construire un monde meilleur sont inexistants. On ne parle que de gestion de situation, sécuritaire, économique, écologique. S'il est proposé en premier lieu d'améliorer la vie des gens, d'égalités, de normes sociales, c'est pour cacher des annonces parfois ahurissantes, des promesses intenables, des miroirs aux alouettes. Le monde politique n'a pas encore compris, déculottées après déculottées, qu'il doit changer sa façon de s'adresser aux populations pour tenter de retrouver de l'attractivité, de redonner de l'espoir, de déclencher des vocations à gouverner. Rien n'y fait. Les anciennes générations de politiques, celles qui étaient issues de la guerre, avaient des rêves de vie en paix, d'organisation de la société plus équilibrée, d'humanisme et d'unité. Leurs descendants ne pensent qu'aux résultats financiers, aux performances, aux notoriétés. Ils manquent sérieusement de courage pour oser proposer autre chose, du nouveau nécessaire à l'évolution du monde. Ils préfèrent s'appuyer sur les expériences du passé, qui ne sont souvent pas adaptées, qui n'ont pas souvent réussi. Mais on a les représentants qu'on mérite, aussi nuls que les citoyens qui préfèrent l'information clash, immédiate des réseaux sociaux plutôt que les réflexions, les analyses des professionnels de sociologie, d'économie, d'environnement. Parce qu'être citoyen n'est pas une simple formalité de naissance, c'est un apprentissage quotidien et durable qui demande de bonnes bases tirées de saines lectures, de leçons d'école poussées, de rencontres avec les personnes qui ont des fonctions publiques, et d'un peu d'objectivité. 


Certains rêvent d'un(e) candidat(e) providentiel(le) qui règlerait les problèmes d'un coup de baguette magique : j'ai bien peu qu'ils devront attendre un peu, les miracles n'arrivent jamais. Mais s'ils se rassemblent pour participer à la solution des problèmes, leur collectif pourrait être la Providence attendue !  Parce que la démocratie, c'est un façon d'organiser la société autour de porteurs d'idées, d'échanges et de débats, constructifs en donnant pouvoir à des personnes qui doivent écouter et qui savent trancher dans le bon sens de la nation. 


Je ne suis pas candidat, vous l'aurez compris. J'aimerais juste que nous arrivions à bien vivre ensemble, sans querelles ou brouilles pour des détails. Il y a tant à faire pour ça qu'il faut se grouper pour y arriver, regarder dans le même sens et aller vers la même direction.  

 

11 septembre 2021


Ce matin, après le réveil, mes premières pensées allaient vers le 11 septembre 2001 : les attentats qui ont détruits les tours du Trade World Center sont à la une de cette journée et le rappel des évènements ces derniers jours dans les médias font remonter des souvenirs. Oui, ce qui s'est passé alors a marqué les esprits de tous, a changé le monde en le plongeant dans une dérive de violence sans fin. Je me souviens avoir appris la nouvelle en allumant la radio vers 16 heures, j'écoutais à l'époque Laurent Ruquier sur Europe 1, et en place des vannes de potache, des informations étaient données, glaçantes, sidérantes. J'ai allumé la télévision, en mode "breaking news", terme qui n'était pas à la mode, pour voir ces images gravées à jamais dans la mémoire collective du monde et qui sont réapparues ces derniers jours sur les écrans. Je me souviens avoir annoncé la nouvelle à ma mère revenant du jardin par cette phrase : "la troisième guerre mondiale a commencé ! ". 


C'est dire que si j'avais écrit un éditorial le 12 septembre, j'aurais commencé mon texte par cette phrase, comme d'autres l'ont dit ailleurs. Vingt ans après, les Etats-Unis ont mis fin à leur croisade en Afghanistan, sans avoir gagné. Les chinois ont profité de cet engagement coûteux pour prendre de la puissance et devenir l'égal de la première puissance mondiale affaiblie par cette lutte dont elle n'avait pas mesuré les difficultés, sûre de sa force et de l'universalité de ses valeurs qui ne le sont pas. 
La plaie n'est pas refermée. 


A Paris, cette semaine, comme un parallèle, s'est ouvert le procès des attentats du 13 novembre, notre 11 septembre à nous les français, une autre date dont on se souvient aussi, qui avait troublé notre soirée et qui a changé nos vies aussi, moins perceptiblement peut-être, mais le choc a été important. Là, c'était plus proche de nous, et nous aurions pu avoir des proches touchés. Le procès sera long, et la cicatrice ne se refermera pas avec les conclusions du tribunal. 


Jean-Paul Belmondo nous a quittés : l'acteur populaire et sympathique a eu droit à un hommage national. C'est peut-être beaucoup mais dans ces tristes temps, ça ne fait pas de mal d'honorer une personne qui nous a amusé, ému, ébloui dans les films à succès. Sa mort met un peu de joie dans l'atmosphère pesante du moment. 


La crise sanitaire n'en finit pas de jouer avec nos nerfs, la vaccination n'a pas encore remplie sa mission d'immunité collective et l'ancienne ministre de la santé, en poste au départ de la crise, est mise en examen pour mise en danger d'autrui. La pauvre femme doit défendre les erreurs du système dont elle n'était pas responsable, certainement plus victime que coupable, placée là devant une pandémie inconnue, sans moyens, devant faire de la politique, c'est-à-dire faire croire à la maîtrise d'un problème dont elle savait que le pouvoir était incapable de répondre à la menace. C'est certainement un mise en examen pour mettre le doigt sur l'impréparation de l'Etat face à un évènement pourtant prévisible, mais l'aveuglement des services arc-boutés sur les besoins de réduire les déficits, de faire de la gestion comptable plutôt que de la politique nécessaire à la vie des citoyens, de ne s'intéresser qu'au développement des métropoles, de donner du pouvoir aux financiers, de libéraliser des services publics était tel qu'en fin de compte, après plusieurs mois de crise, on ne s'en sort pas trop mal pour le moment. Mais il reste à valider la reprise qui s'annonce, et je crains que les mentalités des pouvoirs n'aient pas beaucoup changé : le président et son entourage restent convaincus de la direction qu'ils voulaient donner à leur gouvernance avant la crise et n'ont d'autres idées que de reprendre là où ça s'est arrêté. Mais le monde a changé, qu'on le veuille ou non. Les mentalités évoluent, comme les conditions environnementales de l'humanité. La puissance financière reste très forte, mais des fissures sont apparues à la faveur de la crise.  La mondialisation a montré ses failles, les citoyens reprennent en main leur destin même si trop d'influences les empêchent d'avoir le courage d'aller jusqu'au bout de leurs utopies, leurs rêves qui sont pourtant réalisables. 


Il y a donc beaucoup à dire, et plus à faire encore pour améliorer l'ordre du monde. On y travaille, et ce n'est pas vain, mais il faut être très patient, parce qu'en dehors des coups de semonces de la nature, rien ne semble assez fort pour aller de l'avant paisible et bienveillant.

 

 Vendredi 3 septembre


Alors que l'été qui n'a jamais vraiment ressemblé à un été normal, trop humide et bien frais, se clos avec la rentrée scolaire passée sous le soleil, comme un paradoxe taquin pour les enfants, on ne sait toujours pas quoi dire, quoi faire, quoi penser sur l'avenir de nos destinées. Tant d'incertitudes pèsent sur le moral et l'ambiance globale de l'actualité, entre catastrophes climatiques et guerres jamais terminées, entre reprise économique et pénuries des matières premières devenant trop chères, entre tensions de la crise sanitaire et pulsions sociales, n'arrange pas les choses. Pas de quoi être optimiste si on s'attarde sur les bulletins d'informations et encore moins sur les réseaux sociaux. Libérons nos cerveaux, vidons-nous la tête et vivons avec ce qu'on a autour de nous  : une nature agréable, des populations pas trop agacées, une relative quiétude sans trop de dangers. Et cela doit suffire à notre bonheur, sans excès matériels, sans connexions inutiles, sans commerce forcé. 


Je n'ai pas envie aujourd'hui de raconter les incivilités remarquées ici et là, les actions de ces personnes en mal de vivre, au besoin de notoriété malvenue, de ces malveillances qui ne servent à rien si ce n'est ajouter de la dramaturgie là où il n'y en a pas. Que diable, on n'est pas si nombreux dans le pays de Giat pour devoir se regarder en chien de faïence pour des broutilles, faute de se parler franchement, de se réconcilier si besoin en mettant son orgueil par dessus l'épaule.  Arrêtons d'évoquer la liberté individuelle, le droit auquel on prétend sans mettre en parallèle le devoir auquel on est soumis , le nécessaire besoin de plaire tout en déplaisant, la volonté de dominer tout en étant ridicule : c'est une question d'intelligence, de moralité, de bienveillance. Et ça devrait aller mieux collectivement. 


Je n'arrête pas de l'écrire mais je vais le répéter une fois de plus : nous serons plus fort ensemble, en regardant, en allant dans le même sens mais pas comme des moutons. Il ne faut pas suivre un chef qui s'impose par la force, par des propos qui plaisent juste parce qu'ils caressent dans le sens du poil. C'est plus complexe que ça, il faut se forger une opinion en toute indépendance d'esprit, et là c'est du boulot, parce qu'il faut chercher, comparer, étudier, analyser plutôt que d'avaler du tout cuit diffuser largement. 
En attendant que le monde aille mieux, et on a du temps devant nous, restons zen au Pays de Giat, tout ne pas pas si mal, et la vie continue. Profitons des bons moments, il n'y a que ça de vrai ! 

 

26 août 2021

 

Trois actualités s’entrechoquent à la fin des vacances : la pandémie, l’Afghanistan et le climat. L’épidémie de Covid n’en finit pas de perturber la marche du monde, le virus et ses variants semblent être les plus forts et leurs perturbations sur les sociétés, directement ou non, dérèglent un peu plus le bon fonctionnement de la vie quotidienne des citoyens, partout dans le monde. Entre les malades et les soignants d’un côté, les laboratoires de recherche et les gouvernants d’un autre, sans oublier les influenceurs de tout bord, sincères ou manipulateurs, il y a de quoi perdre la tête. Diviser pour mieux régner : la devise n’a même pas besoin d’être dite, elle s’applique automatiquement en ce moment, l’union n’est pas à la mode, le chacun pour soi est devenu une philosophie de vie majeure. Pourvu qu’il n’y ait pas la guerre, parce qu’on est mal ! 
La guerre en Afghanistan est terminée pour les forces militaires occidentales qui se retirent d’un pays où elles n’ont pas pu convaincre les gouvernants et les citoyens de se prendre en main pour lutter contre les forces obscures des talibans. Une fois le retrait total des troupes et l’expatriation des réfugiés qui ont participé de près ou de loin aux opérations de maintien d’un certain ordre, le pays sera fermé sous le regard inquiet des chinois et des russes qui manœuvrent pour éviter des contagions dans leurs pays dirigés par des pouvoirs aussi peu démocratiques que ceux des talibans.  Pourvu qu’il n’y ait pas la guerre, parce qu’on est mal ! 
Après les énormes incendies de forêt autour de la Méditerranée, dans des contrées victimes de la sécheresse et de la canicule extrême, les orages très violents qui y éclatent sont encore plus destructeurs dans les lieux habités : le climat est devenu fou par la volonté des hommes qui ne réagissent toujours pas aux prédictions plus qu’alarmistes des chercheurs spécialisés. Mais dans un monde où la confiance ne règne plus, quoi de plus normal. Pourvu qu’il n’y ait pas la guerre, parce qu’on est mal ! 
L’été se termine au pays de Giat, sans grande fête de saint Barthélemy à Giat, victime indirecte de la Covid et des contraintes administratives. Seuls quelques manèges permettront de rappeler que le dernier week-end d’août est synonyme de fête avant la rentrée. Le territoire n’a pas souffert du climat, certes il a été trop humide cet été, mais c’est tout à fait supportable car il n’y a pas de dégâts catastrophiques comme à d’autres endroits. On ne s’en tire pas trop mal même si les esprits chagrins ne peuvent s’empêcher de râler, c’est dans leur nature et aussi parce qu’en général ils ont les moyens de se plaindre. Pourvu qu’il n’y ait pas la guerre, parce qu’on est mal ! 
Ce n’est pas facile en ce moment d’être optimiste, de prendre les choses en dérision, l’ambiance n’y est pas. Et pourtant, il y a de petites choses qui améliorent l’ordinaire à chaque instant, il faut les saisir, les apprécier et ne pas trop s’attarder sur les mauvaises nouvelles qui sont souvent exagérément grossies, parce que le malheur fait vendre, mais ce n’est pas la réalité du moment dans notre petit bout de la Combraille. Il n’y aura pas la guerre, parce qu’on est bien ! 

 

17 août 2021

 

En dix jours, la face du monde a changé sans qu'on s'en rende vraiment compte ici au pays de Giat : nous restons dans un coin de la planète assez privilégié par les temps qui courent, mais restons prudents sur notre avenir, les malheurs d'ailleurs peuvent nous rattraper . Dans cet été bizarre, qui n'a pas la couleur habituelle, ni l'ambiance qu'il faudrait, l'absence de chaleur, le trop plein de pluie de juillet, les craintes de la pandémie semblent bien dérisoires au regard des catastrophes qui se déroulent sur nos écrans, à quelques kilomètres de chez nous comme aux antipodes. 


Il ne faut pas trop se plaindre en ce moment car nous échappons aux brutalités de la nature en colère : pas de canicule, pas de sécheresse, pas de feux de forêt gigantesques, et pas non plus d'inondations, de coulées de boues, de glissements de terrain, et pas de coup de vent trop fort ni d'orages trop graves, notre point faible face aux caprices de la météo.  Alors que le variant Delta du coronavirus essaime sans discontinuer dans les zones touristiques et urbaines, il frappe moins fort dans notre désert rural, mais il frappe quand même. Des personnes toujours vent debout contre la vaccination sont parfois touchées, avec plus ou moins de gravité, inconscients de mettre en danger leur vie et celle d'autres qui auraient besoin d'être hospitalisés mais dont les lits sont occupés par des malades du Covid qui auraient certainement pu éviter d'en arriver là si elles avaient été vaccinées. Argument du pouvoir diront les plus réfractaires qui persistent à ne croire qu'aux pseudo complots du monde de la finance, aux vérités de charlatans manipulateurs des consciences aux mains de pouvoirs pas très sains, aux fausses nouvelles qui se répandent sur les réseaux sociaux comme les feux de forêt  qui brûlent la planète. Comment même des gens intelligents, éduqués, bien installés en arrivent à ne plus faire confiance en rien ? Comment mettent-ils en danger la raison même du bien vivre ensemble, de la démocratie, des valeurs de respect au nom de soi-disant défenses de la liberté individuelle qui révèlent des comportements égoïstes, des réflexions nauséabondes, des actions anarchistes contre-nature ? Ici, on est encore un peu protégé de ces mentalités là, mais elles sont tapies autour de nous, prêtes à nous sauter dessus, pour nous faire perdre la tête et le bon sens , pour qu'on finisse par s'entretuer  :  la peste aura gagné le combat comme les talibans en Afghanistan où une chape de plomb va s'abattre sur le pays. Maintenant que les américains et leurs alliées ont quitté le pays, ou plutôt la capitale, sans avoir pu tuer la pieuvre islamiste qui nargue ouvertement les occidentaux, d'autres dangers vont apparaître, menaçant l'unité européenne, avec l'aval de la Chine et de la Russie qui n'ont plus la force américaine à contrecarrer. 


Oui, le dernier danger vient d'Orient, il s'ajoute aux autres et doit nous faire prendre conscience que le chacun pour soi ne marche jamais pour se défendre contre les périls majeurs, que ce soit un petit virus, qui après tout va peut-être devenir un allié en s'attaquant aux forces du mal dans ces pays belliqueux sans moyen de le combattre, ou bien encore le dérèglement climatique, qui va peut-être, au prix exorbitant de pertes, remettre de l'équilibre durable dans l'humanité. Jamais le besoin de se rassembler n'a été aussi fort pour la survie des hommes et pourtant jamais les divisions n'ont été aussi flagrantes, comme si le suicide collectif était devenu l'objectif du monde. 


Ah ! ce n'est pas gai tout cela ! c'est juste quelques mots, quelques phrases, pour être dans le ton, la mode, l'air du temps. Mais ce n'est pas la réalité parce que la vie est belle, à condition qu'on y mette un peu du sien, pour faire plaisir aux autres, pour sourire de notre bien être, pour se contenter des petits bonheurs du quotidien.  Les bons côtés de la vie sont nombreux, profitons-en, laissons les idées noires aux marchands de malheur et si on doit être égoïste, ne partageons que les belles choses.  

 

4 août 2021


Aujourd'hui c'est la date anniversaire de la déclaration des droits de l'homme adoptée solennellement en 1789 et il est bon de se rappeler que la Révolution française a changer la face du monde par la diffusion des idées de liberté, de respect, de fraternité à travers l'Europe notamment. Nous vivons encore sous cette influence mais il faut constater qu'il y a quand même un petit souci de transmission des valeurs au regard de l'évolution des mentalités depuis quelques années. 

 

L'égocentrisme, le nombrilisme dont font preuve tant de personnes mettent à mal la solidarité et la démocratie issues des combats de 1789 qui ont mis bien du temps à devenir des normes d'organisation de la nation. On voit la fragilité des systèmes aux règles d'égalité et de liberté face à ces phénomènes de complotisme, d'individualisme, d'autoritarisme qui s'imposent tel un parasite colonisant un organisme sans que ce dernier ne se défende. L'éducation des jeunes et l'instruction des écoliers sont l'arme fatale pour lutter contre ces envahisseurs, à condition que ce ne soient pas des systèmes de conditionnement, supprimant les nécessaires facultés de réflexions, de connaissances, de bienveillance. Les réseaux sociaux peuvent apporter de la matière pour cela, mais il faut faire l'effort de vérifier ce qui est diffusé, de comparer les informations plutôt que de prendre pour argent comptant ce qui plait à être lu ou entendu, ce qui va dans le sens de ce qu'on pense, ou de ce qu'on croit être la vérité : la manipulation de l'opinion est une méthode aguerrie qu'utilisent avec efficacité les pouvoirs. Les dictatures ou assimilées ont d'autant plus de moyens pour le faire qu'elles ont bâillonné toute forme de contestation et réduite au silence les potentielles oppositions, par la force ou la ruse. 
    
Dans nos démocraties occidentales, et particulièrement en France, la contestation est systématique et il semble que l'opposition soit devenue la règle, sans pour autant proposer des solutions pour améliorer la situation : on est contre plus par principe que par idée. C'est tendance de ne pas être en accord avec ceux qui dirigent, mais quand il y a la possibilité de s'engager, il n'y a plus personne ! Que de courage parmi nos citoyens revendicatifs bien au chaud derrière les écrans, parfois osant aller manifester, mais pas trop. Pourvu qu'on ne perde pas notre confort et nos droits et qu'on ne nous impose pas des devoirs ! Les avantages, rien que les avantages, pour soi d'abord. 

 

Et la météo ne nous aide pas : l'été est pourri de chez pourri, il faut allumer un peu de chauffage pour pallier la fraîcheur humide de la saison, du jamais vu ! Ailleurs, la nature flambe autour de la Méditerranée et même en Suède, les inondations ravagent bien des contrées d'Asie, la glace fond comme jamais aux pôles : rien ne va plus et on n'y peut pas grand chose à trop vouloir une vie facile sans efforts. Encore un petit instant, ça va bien s'arranger, ça s'arrange toujours.

 

27 juillet 2021

 

Alors que s'abat sur le pays la quatrième vague épidémique, la vaccination anti-covid est très active : le besoin du pass sanitaire se fait ressentir pour ceux qui partent en vacances. On voit bien que nécessité fait loi, et le chacun pour soi reste d'actualité. Les anti-tout restent campés sur leurs positions, prêt à tout pour défendre les libertés individuelles, surtout les leurs.


La mise en place du pass sanitaire a été organisé par les technocrates, toujours à fond pour rendre impossible la vie quotidienne des citoyens, ne tenant compte que de leurs objectifs : avoir le plus de monde vacciné, c'est bien, mais il faut aussi mesurer les possibilités matérielles et humaines nécessaires à l'application d'une loi une fois de plus bien bancale, complexe et techniquement difficile à imposer. L'obligation de vaccination de certaines catégories professionnelles est sûrement une nécessité, mais force est de constater que cela va poser de sérieux problèmes si ceux qui refusent ne vont plus travailler dans des secteurs déjà en tension, et indispensables à la santé et à la sécurité des citoyens, parce qu'il n'y a pas de plan B pour résoudre l'équation des suspensions et démissions qui ne vont pas manquer, y compris chez les pompiers volontaires dont le bénévolat exemplaire ne pourrait souffrir d'injonctions supplémentaires qui peuvent démotiver sérieusement un milieu déjà en manque de personnels. Sans vouloir être une fois de plus un agacé de la haute administration, il faudrait peut-être demandé l'avis des gens de terrain, et en tenir un peu plus compte, avant de décider. Tout le monde n'a pas toujours raison, le peuple encore moins, mais on peut tous se tromper. Après il faut assumer ses prises de positions, ses décisions, et leurs conséquences, parce qu'en général, c'est sans garantie et il n'y a pas toujours d'assurance.


Avec ces nouvelles complications dans la vie quotidienne, mais qui ne sont pas grand-chose au regard de ce que vivent les sinistrés des intempéries et autres péripéties climatiques d'envergure, ou les victimes des violences dans les pays en guerre ou soumis aux exactions politiques des pouvoirs forts (c'est autre chose que les atteintes aux libertés dénoncées dans les manifestations de chez nous) , la vie sociale en prend encore un coup : les rendez-vous festifs s'annulent les uns derrière les autres dans nos campagnes, à cause des incertitudes administratives, des complications légales, des restrictions sanitaires. On pourrait dire qu'heureusement, il ne fait pas beau, on est moins déçu. Mais il manque aussi de la chaleur et du beau temps pour garder le moral, même s'il y a des champignons comme jamais à cette saison, ça ne compense pas tous les plaisirs perdus.


Il y aura bien des temps meilleurs un jour, il faut garder l'espoir et être patient, savourez les petits moments de bonheur, aussi simples soient-ils. Regarder un paysage, une fleur, un visage peuvent suffire pour être heureux.

 

22 juillet 2021

 

La pandémie de Covid revient sur le devant de la scène avec une explosion exponentielle de nouveaux cas dus au variant delta:la quatrième vague a atteint les côtes et s'enfonce dans l'intérieur résolument. Les autorités prennent des mesures pour endiguer le phénomène et cela déclenche des polémiques comme à chaque fois. Nous sommes bien dans un pays de contrariés du bulbe, réfractaires à trop de choses. L'extension du pass sanitaire pour profiter de certains loisirs serait une atteinte à la liberté individuelle, surtout de ceux qui ont les moyens de se les payer, mais qui ne supportent aucune contrainte de mouvement personnel alors que souvent elles sont en première ligne pour demander plus de sécurité, plus de protection, plus de droits mais jamais de devoirs.

 

Il y a une loi en préparation sur la surveillance numérique globale, autrement dit, une autorisation tacite pour les services de sécurité de regarder les échanges numériques personnels et professionnels de tous : là est bien le danger d'atteinte aux libertés individuelles, mais ça ne fait pas bouger grand monde. On se croit tellement à l'abri de tout ça derrière nos écrans qui sont en réalité une fenêtre grande ouverte sur nos vies que beaucoup partagent allègrement dans leurs conversations électroniques. Nous sommes en liberté surveillée volontaire quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, à moins de se déconnecter complètement.


De là surgit le scandale Pegasus, ce logiciel d'espionnage mis au point par une entreprise israélienne et vendu à des gouvernements quelquefois pas toujours très démocratiques. Ces derniers s'en seraient servis pour espionner les téléphones portables de journalistes, de ministres, de chefs d’État : 50 000 numéros ont été identifiés par des journalistes indépendants (la presse est muselée, on le sait bien, aux mains de magnats en collusion avec les pouvoirs) et c'est la surprise du moment. L'espionnage a toujours existé, il se perfectionne sans cesse, et les nouvelles technologies sont des instruments dont les sécurités sont remises en cause par des petits génies au service des plus offrants. C'est le progrès qui nous rend esclave sans s'en rendre compte. Et personne ne manifeste.


En Belgique, en Allemagne, en Chine, des inondations démentielles causent des dégâts énormes, font de nombreuses victimes ; en Sibérie, au Canada, aux Etats-Unis les forêts brûlent sur des surfaces immenses. Ne nous plaignons pas trop au pays de Giat, on est plutôt bien, même si on n'est pas assez libre.


Depuis quelques jours, l'été est enfin là : les paysans vont faire leurs foins, soulagés en attendant la moisson qui ne va pas tarder. Mais la certitude de beau temps n'est toujours pas là. Avec les contraintes sanitaires, les animations et manifestations sont difficiles à organiser, parfois annulées, ce n'est pas bon pour le moral.

 

15 juillet 2021


La fête nationale a retrouvé de belles allures dans la capitale avec un défilé militaire de très grande prestance, faisant la joie de spectateurs ayant le pass sanitaire, les autres amateurs ayant du regarder la télévision. Pendant ce temps, dans plusieurs villes, des manifestations contre l'obligation de présenter patte blanche avec ce fameux pass rassemblaient les défenseurs de leur liberté individuelle attaquée par les mesures gouvernementales destinées à lutter contre la pandémie. C'est vrai que ces restrictions de mouvement interpellent, mais elles devraient être limitées dans le temps avec l'espoir qu'elles soient véritablement un repoussoir définitif du virus. 


Ce qui est nauséabond dans cette lutte contre le pouvoir, parce que derrière les slogans exagérés outrageusement qui parlent de dictature, c'est cette manipulation des esprits grâce aux relais des réseaux sociaux très puissants. La plupart de ceux qui se battent pour les libertés sont en fait embrigadés, sans s'en rendre compte, dans des courants derrière lesquels se cachent  des entreprises de déstabilisation des démocraties, ce qui avantage les grandes puissances autoritaires chinoises, russes ou turques et quelques autres de moindre envergure.  Rien n'est du hasard, c'est une question d'influences, comme cela l'a toujours été. Fracturer les nations en poussant les citoyens à se battre en eux est une méthode éprouvée, tous les pouvoirs le savent : diviser pour mieux régner. Même dans les démocraties, la volonté d'unir des discours est battu en brèche dans les actes, y compris dans un même camp, et au sommet de la hiérarchie. La politique est une jungle impitoyable. 


Pendant cette période où la liberté serait menacée, il faut se rappeler que les lois sécuritaires votées et approuvées par une grande majorité de citoyens ont mis plus en péril cette liberté en augmentant les moyens de contrôle sur nos vies sans qu'on s'en rende compte. Il ne faut pas oublier non plus que les réseaux sociaux auxquels se réfèrent tant de personnes en lutte pour la liberté sont le plus sûr moyen pour être surveiller, pour être soumis volontairement. La liberté individuelle n'est pas supérieure à la liberté collective, l'une ne va pas s'en l'autre, et ce n'est pas négociable. Tant de gens se sont sacrifiés pour qu'on puisse être libre, ils n'ont pas toujours choisi de se battre, mais ils l'ont fait, au-delà de leur liberté propre, parce qu'ils avaient conscience que leur engagement pour les autres était au-dessus de tout, au péril de leur vie. 


C'est un peu ça qui ressortait de la cérémonie de remises de décorations au centre de secours de Giat hier : les pompiers volontaires se privent de leur liberté, de leur vie de famille pendant beaucoup de temps pour sauver des vies, des biens sans attendre plus de reconnaissance qu'une médaille et il y en a qui trouve cela normal, pour leur petit confort matérialiste et individualiste. C'est facile de manifester pour vouloir jouir de sa liberté, aux dépends des autres quelquefois. C'est beaucoup plus courageux de porter assistance à ceux qui vous insultent, qui vous agressent parfois,  parce que le bien commun, le vivre ensemble sont des valeurs pour lesquelles il faut se battre aussi. 


Et l'émotion qui surgit dans les remerciements de ces hommes et de ces femmes d'avoir reçu cette petite médaille qui récompense leur dévouement n'en est que plus belle, signifiant le besoin d'un entourage aussi fort qu'eux, un soutien nécessaire, un appui indispensable. Toujours un sentiment de collectif, de partage, de vivre bien ensemble. Des exemples.

 

13 juillet 2021

 

La recrudescence des cas de covid alimentée par le variant delta est évidente sur le territoire, le taux d'incidence augmente en flèche. Alors les autorités se mobilisent pour contenir cette quatrième vague épidémique, et éviter les problèmes de saturation hospitalière tout en maintenant les activités économiques. Lundi soir, une nouvelle allocution présidentielle a été diffusée sur les ondes. Le Président de la République a annoncé sa volonté, après avoir écouté les membres du comité de défense sanitaire, qui avaient eux-mêmes pris connaissances des rapports du comité scientifique ad-hoc, de proposer au parlement de voter une loi obligeant les personnels de santé à se faire vacciner. De plus, la présentation du passeport vaccinal ou du pass sanitaire va être fortement conseillée pour les rassemblements et les manifestations  en milieu fermé. Et voilà que les opposants au vaccin, ou plus largement les contre-tout, crient à la dictature. Le mot est lâché par des abrutis, on ne peut que les appeler comme cela, qui se plaignent la bouche pleine derrière leurs écrans d'une privation de liberté individuelle. Je les invite à aller passer quelques semaines en Corée du Nord pour qu'ils se rendent compte de ce qu'est une dictature, dans un pays où le simple fait de penser à critiquer le gouvernement peut avoir des conséquences mortelles pour soi et sa famille.


Oui, le président fait preuve d'autorité, c'est ce que beaucoup de vociférateurs réclament, mais ça ne va pas dans leur sens : de l'autorité pour les autres, pas pour soi. Si la majorité de la population se fait vacciner et que cela permet de sortir définitivement de la crise sanitaire, est-ce que les minorités récalcitrantes se plaindront ? J'en doute. Elles profiteront de cet avantage en estimant avoir eu raison de ne pas participer à l'intérêt général qui ne les concernent pas mais dont elles savent bien se servir. 
Je lisais sur les réseaux sociaux un appel à éteindre les télévisions et allumer les cerveaux ! il serait bien aussi de ne pas rester figer sur Internet, source d'informations vraies et fausses, et quand on ne prend que celles qui nous arrangent, ce n'est pas une preuve d'intelligence. 


Moi-même je suis vacciné, et je pense que le bénéfice est supérieur au risque. J'ai préféré deux petites injections d'un produit inconnu qui aura peut-être des effets sur ma santé dans quelques années, mais qui protège mes proches et toutes les personnes que je rencontre d'abord. Ce n'est pas la peur d'attraper la maladie qui m'a poussé vers la vaccination, je ne suis pas du genre à m'apitoyer sur mon sort, mais j'ai toujours été attentif au monde et aux gens qui m'entourent et si je peux leur éviter des problèmes, c'est mieux ainsi. Quant aux séquelles éventuelles à long terme,  elles seront sans doute moins dangereuses que les écarts gourmands que je fais régulièrement, que les risques de la vie quotidienne qu'on trouve à tout bout de champ, que les pollutions qui nous environnent sans qu'on les voit, que l'évolution climatique qui nous guette. Question de priorités sans doute. 


Alors que l'été n'en finit pas de se faire attendre, qu'il faut allumer le poêle presque chaque jour tant il fait frais et qu'il pleut abondamment, je vais continuer à aller mon bonhomme de chemin avec le moins de contraintes possibles, à mon rythme, sans  autres envies que d'être bien dans ma tête et dans mon corps, me contentant de plaisirs simples, les seuls qui soient vrais, de rencontres avec de braves gens qui ne se prennent pas la tête pour des sujets qui ne les concernent pas. On appelle ça les petits bonheurs. 

 

 7 juillet 2021


Axel Kahn est mort ce 6 juillet, après plusieurs semaines pendant lesquelles il a distillé de très belles pensées sur la vie, la mort, le temps qui passe et bien d'autres réflexions inspirantes. Ce scientifique humaniste laisse en héritage une philosophie digne des plus grands maîtres et l'avoir rencontré est une immense fierté qui renforce l'émotion de son départ. Sa bienveillance, sa culture, son savoir étaient immenses et donnent une exemplarité de vie hors normes. 


Bien des personnes qui lui rendent hommage aujourd'hui, et notamment celles qui ont des pouvoirs, feraient bien de s'en inspirer pour donner du bon sens à leurs décisions, à les centrer sur les vraies valeurs de l'humanité et de la vie, plutôt que de se chamailler outrageusement sur des velléités économiques, financières comme si l'avenir du monde ne dépendait que de ça,  alors que ça le détruit plus que jamais. Je l'ai écrit ici maintes et maintes fois, il faut remettre l'homme au cœur du problème, plus que le clocher au milieu du village. La vie n'est pas une marchandise, elle ne doit pas être soumise aux règles d'argent ou d'or qui fracturent les sociétés plus sûrement qu'un petit virus venu de Chine. Ma philosophie n'est pas à la hauteur de celle d'Axel Kahn, mais je veux croire qu'elle peut aider à avancer. 


Alors, où en sommes-nous de nos turpitudes locales ? Après les élections, la vie continue comme si de rien n'était. Nos édiles de proximité vont continuer à travailler pour le territoire en espérant qu'ils aient assez de convictions, de persuasions pour faire bouger les lignes supérieures et apporter quelques avantages à nos campagnes reculées. Nous devons mettre la pression collectivement pour faire changer les choses, notamment dans le maintien des services à la population, en matière de santé, d'éducation, de sécurité et d'administration. La dématérialisation est un progrès à condition qu'il ne laisse personne au bord de la route, et ça ne résout pas les problèmes aussi facilement que le contact physique. La continuité républicaine sur l'ensemble du territoire doit être sacralisée, c'est-à-dire que les citoyens, où qu'ils soient, doivent avoir les mêmes accès aux services de l’État puisqu'ils sont soumis aux mêmes devoirs. Ou bien s'il doit y avoir un pays à deux vitesses, il faut que les populations lésées aient d'autres avantages. 


La météo est capricieuse en ce début d'été qui ne ressemble pas à ce qu'on attend : frais et humide, sale temps pour les foins et les vacances ! Pendant ce temps, l'Ouest américain brûle, suffoque. Et dans d'autres contrées plus au Nord, les températures n'ont jamais été aussi élevées, modifiant durablement l'environnement, ce qui a des conséquences partout dans le monde. De là, des catastrophes naturelles se multiplient, et voilà que les volcans se réveillent un peu plus aussi, il paraît que le noyau de la Terre perd l'équilibre ! Mais à l'échelle de l'Univers, ce ne sont que des péripéties, il nous reste à s'adapter parce que tant qu'il y a de la vie, il y  a de l'espoir. Et nos petits problèmes qui nous chagrinent au quotidien ne sont rien par rapport aux bonheurs de toute une vie. 

 

28 juin 2021


Lendemain d'élections qui ont confirmé le premier tour de la semaine dernière : l'abstention est le premier parti de France. Et comme la semaine dernière, cela ne dérange pas plus que ça les élus, ceux qui ne l'ont pas été argumentent sur le sujet comme cause de leur défaite, mais aucun ne va remettre en question leur façon de faire. On est rassuré, les gens se déplaceront pour la présidentielle, persuadés que cette élection va plus changer le cours de leur vie, alors que les départementales et régionales impactent beaucoup plus leur quotidien, mais ils ne s'en rendent pas compte ! 


Le monde politique d'avant s'en sort mieux que les rassembleurs qui se veulent modernes ou les nationalistes, parmi les votants, ne l'oublions pas. Ce qui n'est donc pas représentatif de la société. La gauche est soulagée, presqu'heureuse et surprise d'avoir gagné une région (la Réunion) , la droite jubile parce qu'elle assure les pouvoirs d'une majorité de régions et de départements. 
Le monde rural en général, et le pays de Giat en particulier, a voté à droite. Un peu par idéologie traditionnelle, beaucoup en raison de la personnalité des candidats. Ce qui est toujours la cas : autrefois, Maurice Battut ou Jean-Claude Fournier surfant sur la vague rose, étaient élus parce qu'hommes de terrain d'abord, très présents dans les manifestations, un peu clientélistes sur les bords. Et ça marche encore : Cédric Rougheol est le digne héritier de ces anciens, même s'il est du bord d'en face, le bord gagnant. Audrey Manuby a pris ses marques en six ans d'un premier mandat, et cela a été payant. Ils seront dans la nouvelle majorité du département qui a basculé à droite, ce qui n'était pas joué d'avance. Alexandre Pourchon, en leader de la gauche urbaine, ne sera pas le successeur de Jean-Yves Gouttebel, qu'il a combattu et il paye aussi ses revirements de ces dernières années. Sans être partisan, force est de constaté que la droite départementale est plus rurale, ce qui peut être un avantage pour notre territoire  si l'exécutif le veut bien. Il aurait été risqué d'avoir des élus d'opposition face à un exécutif  de gauche très clermontois et un président qui doit essentiellement  sa carrière au nom qu'il porte, sans avoir pu réellement se faire un prénom. Là est bien un signe de décadence de la gauche locale. 


Au niveau régional, le territoire sera aussi dans la majorité et représenté avec la maire de Tortebesse : ce n'est pas une mauvaise chose. Avec Yannick Bony, c'est une femme, maire d'une toute petite commune rurale, ayant déjà des responsabilités intercommunales  comme un atout pour le secteur et les panneaux bleus de la région vont fleurir un peu plus. C'est un peu trop voyant à mon goût, mais cette arrosage est électoralement payant, tout en aidant des collectivités qui semblent mieux exister au niveau régional  qu'à celui de l'Etat. 


Alors, la vie continue, il ne va pas se passer grand chose de transcendant dans les années qui viennent sauf à regarder du côté du ciel qui menace de nous tomber sur la tête ou à craindre des changements climatiques. Quels que soient nos élus, ils seront bien impuissants. 

 

23 juin 2021


Nous sommes entre deux tours d'élections, départementales et régionales, et les résultats n'auront pas été surprenants. Seuls les chiffres plutôt à la baisse du Rassemblement national ont fait mentir les sondages. Mais les scores ne représentent que le vote d'un tiers des électeurs, les autres s'étant abstenus ! Même dans notre campagne, jamais la participation à un scrutin n'a été aussi faible. 
Plusieurs raisons expliquent cela et les représentants du monde politique n'en manquent pas : le désintérêt des électeurs est dû au manque de notoriété du fonctionnement des départements et des régions, avec des candidats pas ou peu connus souvent. Les jeunes, très peu mobilisés, ne se sentent pas concernés. De plus, la non distributions des documents officiels de l'élection a ajouté une couche au problème. Beaucoup ne sont pas allés voter pour la première fois de leur vie. Mais au final, aucun responsable de parti,  aucun élu, aucun ministre ne se trouve aucune responsabilité dans le phénomène : c'est la faute aux électeurs même. Et déjà, trois jours après les élections, on ne parle pas tant que ça de l'abstention, sauf à proposer des facilités de vote, par Internet par exemple, sans vouloir chercher les causes réelles du rejet des personnalités politiques, de quelque bord que ce soit. 


Il ne faudrait pas croire que les citoyens ne s'intéressent pas à la chose publique, mais ils veulent des élus qui s'occupent de leurs problèmes, de sujets qu'ils comprennent, de leur quotidien. Ils veulent des réponses concrètes aux dysfonctionnements de la société, des services publics en ordre de marche, moins d'usines à gaz pour redistribuer les richesses ou régenter les créations d'entreprise, moins de discours éoliens et plus d'actes, moins de temps perdu et plus de réactivité pour faire changer les choses. Le problème est dans les hautes sphères où pullulent trop de "serre-à-rien" grassement payés et à l'abri des risques, jamais inquiétés de leurs inepties, parce qu'ils n'ont pas de compte à rendre. C'est sur le terrain qu'il y a besoin de personnels, pour soigner, protéger, aider, pas nécessairement de producteurs de documents incompréhensibles, de formulaires inexistants, d'interlocuteurs absents....Et ce n'est pas la faute à l'Europe, qu'on se le dise ! 


"Qu'on dégraisse le mammouth!" comme disait un ancien ministre de l’Éducation à qui cela à coûté sa place. Il n'avait pas tout à fait tort, mais il faut enlever les mauvaises graisses, celles qui entourent les organes vitaux, pas faire un régime qui tue la bête !
L'Europe débloque les moyens du plan de relance : où vont-ils aller ? la recherche, l'éducation, l'innovation doivent être plus que prioritaires car là est l'avenir du monde. Aider des grands groupes industriels multinationaux qui ont déjà des moyens, et des possibilités d'en trouver ailleurs que chez le contribuable - les actionnaires doivent être solidaires - n'est certainement pas la meilleure idée. 
Enfin, au regard de la mutation du monde, de son environnement, de son climat, des technologies, il faudra bien quand même essayer de concevoir une autre façon  de faire,  d'inventer un autre système économique viable. Ce qui arrivera de gré ou de force, et ce serait peut-être mieux d'y arriver sans violence extrême, et rapidement. Le temps est compté.

 

 18 juin 2021


Aujourd'hui est célébré l'anniversaire de l'appel du 18 juin 1940 dans lequel le Général de Gaulle, officiellement déserteur et officieusement chef de la Résistance naissante, demandait aux français un sursaut de fierté et de courage pour lutter contre l'envahisseur et continuer le combat contre l'Allemagne nazie. Autre époque, autres mœurs. De nos jours, les appels sont si nombreux pour défendre autant de causes qu'il y a de citoyens, qu'ils en deviennent inaudibles. Il y a ceux qui parlent plus fort et plus autoritairement qui semblent avoir un peu d'échos, trop dans un certain sens, et heureusement encore pas assez pour être dangereux. La mollesse de ceux qui se  disent attachés aux valeurs de la démocratie mais qui la défendent du bout des lèvres en serait risible si le sujet n'était pas aussi grave. On le constatera dimanche soir, au regard du résultat des élections régionales et départementales.

Les campagnes électorales, notamment pour les régionales, ont souvent été abordées comme un enjeu national comme une répétition de l'élection présidentielle. Les problématiques locales ont été passées au second rang, laissant la part belle à des thèmes hors sujet pour ce type d'élections, comme la sécurité et l'immigration, qui ne sont pas des compétences régionales ou départementales. C'est un peu prendre l'électeur pour un benêt, mais ce n'est peut être pas faux car combien de votants vont glisser le bulletin dans l'urne en pensant région ou département ?

Déjà, combien vont se déplacer ? Depuis plus de vingt ans, le diagnostic est posé sur des institutions malades mais aucun gouvernant n'a su, n'a pu, n'a voulu prendre les mesures de la gravité de la maladie, laissant courir le cancer des extrêmes, en l'aidant parfois. S'il s'avérait un changement de l'organisation du pays avec plus d'autorités, moins de libertés, moins de choix de vie, parce que la démocratie délaissée l'aura permis, il ne faudra pas venir se plaindre, parce qu'on sait, parce qu'on savait. Il faudrait penser à l'avenir autrement que par ses intérêts personnels, son petit confort et croire que ça va durer parce qu'on ne veut rien changer. Mais le monde change, et nous avec. Et il faut comprendre qu'après nous, il y a des générations à installer, à qui il faudrait quand même laisser autre chose qu'un monde à reconstruire tellement il a été attaqué depuis des décennies à tout point de vue. 
Alors, dimanche, il faut aller voter, mais ne pas croire au père Noël, ni attendre que les solutions vont tomber du ciel : c'est une affaire collective qui demande que tous les citoyens y mettent du leur. 

 

9 juin 2021

 

Les défenseurs de l'autorité tout comme ceux qui prônent l'anarchie sont aux anges depuis ce 8 juin : en déplacement dans la Drôme, le président de la République a essuyé une gifle qu'un pseudo militant scandant un ordre royal et médiéval voulait lui asséné. Symboliquement, cette attaque est grave puisque c'est un manque de respect envers le chef de l'Etat, donc envers la République française. Réellement, c'est un épiphénomène qui démontre le niveau de la démocratie dans notre pays, et aussi le niveau de ceux qui veulent représenter les citoyens mais qui n'ont d'autre volonté que de défendre des idéologies dépassées, violentes ou dangereuses, pour mieux assoir des pouvoirs autoritaires, liberticides, sectaires...

Dans le paysage politique, il y a peu de personnes qui arrivent à élever le débat, parce qu'elles ne sont pas écoutées, pas visibles, parce que les citoyens sont trop pressés pour ne rien faire d'intéressant si ce n'est zapper les informations ou se focaliser sur les réseaux sociaux ou les chaînes d'infos en continu, trop occupés par le travail, la maison et la pléthore de loisirs à disposition qui les empêchent d'avoir du temps, de prendre du temps.  Obnubilés par leurs petites affaires, il n'y a plus de place pour le collectif, la vie dans la communauté, plus le temps de s'engager sauf à critiquer ceux qui veulent bien encore se mobiliser pour l'intérêt général et donner des garanties à leur liberté, leur sécurité, leur éducation qu'ils considèrent comme des droits acquis, assurés sans vouloir s'inquiéter des devoirs qui vont avec.  

Notre démocratie est malade mais nous n'avons peut-être pas les bons médecins, et les charlatans des extrêmes ont envahi l'espace en laissant courir des idées simples qui donnent l'impression que tout peut s'arranger d'un coup de baguette, qui ne sera pas magique, mais dont l'efficacité dépend du monde extérieur, de la désinformation, de la privation de liberté. Le citoyen a encore le choix, la possibilité d'influer sur le cours des choses, en allant voter quelle que soit l'élection, parce qu'en France, les résultats ne sont pas connus à l'avance et que tout le monde peut être candidat.

S'engager est une responsabilité, un acte courageux, et visiblement la notion de courage n'est plus celle-ci : on crie, on vocifère, on rumine sur les réseaux sociaux, anonymement de préférence,  on veut se battre mais pas aller au combat, on veut détruire mais pas construire, on défend la liberté d'expression en empêchant les autres de parler. Il serait temps que les modérés, les résignés, ceux qui se cachent en priant que rien ne change, se réveillent, s'unissent, pour que la jeunesse ait un avenir serein dans un pays libre. 

 

 

 

 

 

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Haut du formulaire

 

Toujours dans les têtes, les images des attentats du 7 janvier à Paris s’estompent doucement comme l’unité nationale mise en avant depuis ce moment-là. La vie reprend ses habitudes. Que va-t-il rester de cette cohésion exemplaire qui a montré la possibilité de l’union d’un peuple, de la réunion des gouvernants démocratiques si belle à l’image ?

 

Depuis aussi, il y a eu les élections en Grèce avec l’arrivée au pouvoir d’un parti de la gauche radicale. De quoi alarmer les représentants de la politique de rigueur qui ne sont pas touchés par les mesures qu’ils imposent. En effet, les dirigeants, notamment libéraux, ont été surpris de la contestation de l’austérité par des citoyens grecs à qui les salaires et les retraites ont été diminuées drastiquement, qui ne trouvent pas de travail mal rémunéré, qui n’ont plus les moyens de se soigner… Alors qu’en même temps, la dette de l’Etat grec s’amplifiait inexorablement, démontrant les limites de cette politique, qui permet au passage quand même à quelques organismes financiers et à certains états de prendre quelques appointements non négligeables. Alors, il ne faut surtout pas effacer la dette grecque, disent les experts de l’expertise libérale, tout en ajoutant sans rire que celle-ci ne sera jamais remboursée ! Tant qu’il y a du profit à faire, et de la laine à tondre sur les moutons que sont les pauvres, pendant que les riches deviennent encore plus riches, tout ne va pas si mal.

 

Où va-t-on ? Le système économique dans lequel le monde évolue est voué à l’échec, puisqu’il est basé sur la production à base de ressources naturelles volées aux peuples des pays où elles se trouvent, et dont l’épuisement des stocks arrive à grand pas. D’autre part, les incidences de l’humanité sur la nature ne sont pas neutres, et il semblerait que la planète soit mal en point. D’accord, l’homme a une réelle capacité d’adaptation, mais cela suffira-t-il ?

 

Beaucoup de questions sont posées pour l’avenir. Peu de réponses sont apportées. Entre les violences guerrières des extrémistes de tout bord dans tout le monde, entre les violences économiques des financiers sans scrupules qui exploitent le monde, entre les violences écologiques des capteurs avides des dernières ressources naturelles, y compris l’eau douce, comment ne pas s’étonner que d’autres violences populaires ne voient pas le jour ici et là ?

 

Mais ne désespérons pas : l’image des anciens déportés des camps de la mort nazis, libérés il y a 70 ans, montrent que l’homme a aussi des facultés à trouver l’énergie pour survivre et revivre, car il peut être capable du pire, mais heureusement aussi du meilleur.

Bas du formulaire

Edition du 20 janvier

Horaires TER

Cliquez :

 

Ligne Montluçon-Ussel

TER 12

 

Ligne Felletin-Clermont

TER 17

 

Première réponse à mes vœux , merci à Guy de Francfort en Allemagne pour l'envoi de cette carte postale qui me met en joie.

J'attends avec impatience d'en recevoir d'autres des quatre coins du monde pour les partager ici.

Stat

la fréquentation moyenne actuelle s'établit à  

355 visites

par jour

 

Depuis la création du site,

 le 6 novembre 2009,

 

au 16 janvier 2022

on comptabilise 

 

940581 visites

 

Merci de votre confiance.

 

 

La 900.000ème visite du site a eu lieu le

mercredi 15 septembre 2021

vers 12 heures 

Record des visites : 853

03/08/2020

950.000ème visite prévue vers le 14/02/22

-->la millionième vers le 14 juillet 2022 !!!

 

 

 

15-01-2022

MEILLEURS VOEUX

Je remercie les visiteurs qui m'ont adressé de beaux messages pour la nouvelle année avec force encouragements à poursuivre la diffusion de l'actualité locale et la promotions des actions du pays de Giat.

Cette année, nous devrions fêter la millionième visite, une parmi les plus de 300 passages quotidiens sur le site. C'est un signe réconfortant comme une reconnaissance de mon travail bénévole à votre service.

A l'origine, j'avais eu l'idée de créer du lien avec les gens d'ici partis ailleurs. Visiblement, le lien se fait d'abord entre ceux qui sont restés puisque la grande majorité des visiteurs sont au pays.

Je vais émettre un voeu en demandant aux visiteurs qui suivent l'actualité de chez nous depuis le Brésil, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la Hollande, le Canada, la Réunion, la Suisse de bien vouloir m'envoyer une carte de leur point d'attache si loin d'ici

 

  Rémi PRUNY

  3 Chevaline

  63620 GIAT

  France

 

Merci d'avance...

La chaîne des Dores enneigée vue de Farges (St Germain)

Plus d'infos, plus de précisions dans le quotidien régional La Montagne. Chez les dépositaires ou sur http://www.lamontagne.fr

Service gratuit facile et accessible Ă  tous

Je crée mon site